Véhicules utilitaires: pleins feux sur la sécurité

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Equipement. Prenant la mesure des risques routiers encourus dans le milieu professionnel, les constructeurs ont intégré la sécurité dans un certain nombre d'équipements de série de leurs utilitaires. Reste que des progrès sont encore à accomplir.

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Jusqu'ici, le véhicule utilitaire léger (Vul) était un peu le parent pauvre des véhicules d'entreprise en matière de sécurité. C'est le constat du comité de pilotage pour la prévention du risque routier professionnel, en 2007. Il s'appuie sur des données qui ne laissent planer aucun doute: les accidents en mission ont été à l'origine de 134 morts et les accidents de trajet, de 389 décès selon la dernière étude de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) réalisée en 2005. Des chiffres en constante augmentation depuis 2003.

Autre exemple: les règles qui s'imposent aux Vul en matière de contrôle technique sont les mêmes que pour les véhicules particuliers «alors qu'ils sont utilisés dans des conditions beaucoup plus difficiles (amplitude quotidienne, conditions extérieures sur chantier, surcharge, changement fréquent de conducteur...)», observe la Cnam dans son livre blanc (Voir l'encadré A Lire).

Pourtant, dans le même temps, seule la moitié des entreprises possédant une flotte de véhicules utilitaires ont intégré le risque routier dans leur document unique d'évaluation des risques professionnels, document accessible aux salariés via leurs représentants, et dans lequel l'employeur dresse un inventaire et une évaluation des risques identifiés dans l'entreprise.

Loin d'être anecdotique, l'insécurité routière doit faire l'objet d'une attention particulière de la part des entreprises. Ce risque peut en effet représenter des coûts et des pertes importants directement liés à l'indisponibilité du véhicule, à l'impossibilité d'assurer des missions ainsi qu'à l'arrêt maladie du conducteur en cas de blessure.

Conscients de cette donnée, les constructeurs ont intégré dans leur offre, dans une certaine mesure, la notion de sécurité. Les modèles affichent des qualités routières du point de vue du confort de conduite mais aussi de la tenue de route, désormais équivalente aux voitures.

Ainsi, la plupart des utilitaires, notamment les modèles lancés depuis deux ans, sont équipés de l'ABS, système électronique empêchant le blocage des roues au freinage et la perte de contrôle qui s'en suit et d'un Airbag pour le conducteur.

L'ESP en série: un voeu pieux

Si des progrès sont constatés sur les équipements de base, les Vul n'ont pas encore intégré d'autres systèmes comme l'ESP (programme électronique de contrôle de la stabilité), système similaire à celui de l'ABS, mais qui agit indépendamment sur chaque roue afin d'éviter les embardées. Le système compare, plusieurs dizaines de fois par seconde, la direction prise par le véhicule avec celle souhaitée par le conducteur via l'angle de braquage du volant et divers capteurs implantés dans le Vul. Si un écart est constaté entre ces deux directions, l'ESP le corrige en freinant de façon individuelle les roues et en agissant éventuellement sur la puissance du moteur par coupure électronique de l'accélérateur. Le véhicule est ainsi remis dans la direction que désire suivre le conducteur. De plus, l'ESP est capable d'appliquer une pression de freinage, même si le conducteur n'a pas appuyé sur la pédale de frein. Très évolués, certains prennent même en compte le niveau de charge utile afin d'agir de façon optimale, tant à vide qu'en charge.

Pourtant, à ce jour, le taux d'équipement atteint à peine 2% sur les Vul contre 42% pour les automobiles particulières, selon le Comité des constructeurs français d'automobiles. Seul Mercedes propose l'ESP en série, aussi bien sur la gamme Vito que sur les Sprinter. Chez tous les autres constructeurs, il est, au - mieux, selon le modèle et son niveau de finition, une option (comprise, selon les modèles, entre 300 et 600 euros HT environ). Par ailleurs, si certains équipements sont particulièrement dédiés à la sécurité, d'autres systèmes rejaillissent indirectement de manière positive sur celle-ci. Ils sont donc également à considérer par les artisans au moment de l'achat. C'est le cas de la climatisation. Grâce à elle, les conducteurs se fatiguent moins vite et restent donc plus vigilants sur la route. Malheureusement, là encore, les constructeurs ne la proposent qu'en option.

Le régulateur de vitesse peut, lui aussi, être un allié efficace de la sécurité au volant. Véritable outil de confort, il permet de conserver une vitesse constante sans maintenir en permanence de pression sur l'accélérateur. Et donc de se concentrer sur la conduite du véhicule. Autre atout: après un dépassement volontaire de la vitesse programmée, le Vul reprend sa vitesse initiale dès que la pression n'est plus exercée sur l'accélérateur. Enfin, en cas de freinage, le régulateur est désactivé. Un équipement intéressant, à condition de ne pas se reposer sur le système pour, au contraire, diminuer son attention. Problème: à ce jour, seuls deux constructeurs proposent sur tous leurs modèles le régulateur de vitesse en série: Mercedes et Volkswagen. Lesquels proposent également en série l'antipatinage et la régulation du couple moteur qui évite les pertes d'adhérences, notamment sur une chaussée glissante.

Les véhicules utilitaires les plus sûrs du marché

Volkswagen Caddy Van

ABS, antipatinage, airbag conducteur, régulateur de vitesse, système de régulation du couple moteur (Clim en option dès 499 euros HT)
A partir de 13 500C HT

Volkswagen Transporter

ABS, antipatinage, airbag conducteur, régulateur de vitesse, système de régulation du couple moteur (Clim en option dès 1159 euros HT)
A partir de 19 040 Euros HT

Volkswagen Crafter

ABS, antipatinage, airbag conducteur, régulateur de vitesse, système de régulation du couple moteur (Clim en option dès 1438 euros HT)
A partir de 20 370 Euros HT

ZOOM

La cloison de séparation: un plus sécurité souvent ignoré
La plupart des fourgons livrés en France ne disposent pas d'une cloison de séparation entre la cabine de conduite et l'espace de chargement, du moins en entrée de gamme. Si, dans certains cas très précis, elle peut être une entrave à la circulation du conducteur qui doit régulièrement se rendre dans le compartiment de chargement, la cloison de séparation offre deux principaux avantages: d'une part, elle permet de rouler dans un confort acoustique supérieur en filtrant les bruits en provenance de l'arrière; d'autre part, elle préserve les occupants de la cabine en cas d'accident. Attention, il ne s'agit pas pour autant d'une séparation résistant à toute épreuve. Mieux vaut compléter le dispositif avec des meubles de rangement pour empêcher les objets de devenir des projectiles en cas d'accident.
En entrée de gamme, comptez de 150 à 300 euros HT en option.

A LIRE

Un livre blanc pour un véhicule utilitaire plus sûr
Paru il y a un an sous l'égide de la Caisse nationale d'assurance maladie (Cnam), ce livre blanc met en avant douze propositions pour améliorer la sécurité des véhicules utilitaires. Si le véhicule en lui-même est concerné (ABS, ESP, Airbag conducteur, régulateur - limiteur de vitesse) , le document met aussi en relief la nécessité d'intégrer pleinement le risque routier dans le fonctionnement et l'organisation de, l'entreprise. Il recense tous les niveaux: direction, formation, chauffeurs...
Pour télécharger ce livre blanc: www.risquesprofessionnels.ameli.fr/atmp_media/LIVREBLANCVU.pdf

GUILLAUME GENESTE

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