Vols sur les chantiers: protégez-vous!

Publié par le

La recrudescence des vols sur les chantiers a amené le ministre de l'Intérieur et la Fédération française du bâtiment à prendre un certain nombre de mesures pour endiguer le fléau. Etat des lieux.

  • Imprimer

Près de sept entreprises du BTP sur dix ont déploré au moins un vol en 2007, selon une étude menée par le département de recherche sur les menaces criminelles contemporaines en partenariat avec la Fédération française du bâtiment (FFB). Les professionnels interrogés estiment que les vols ont augmenté de près de 50% ces dernières années. Ils les qualifient de graves et handicapants à 64%. La cible privilégiée des voleurs? L'outillage (36,3%), les matériaux (28,9 %) et les métaux (22,8%). Sans compter le carburant. Ce qui représente un coût de 1 à 2 milliards d'euros par an en France, selon la FFB. Des méfaits qui surviennent principalement la nuit et les week-ends. Les deux tiers des vols constatés relèvent du vol d'opportunité, par une population trouvant normal de se «servir» sur les chantiers pour économiser les matériaux et le carburant. Un quart des vols, en revanche, sont le fait de bandes organisées.

Le «référent sûreté»

En 2007, sept entreprises de BTP sur dix ont déploré au moins un vol.

@ FOTOLIA/ALEXANDRE PENNETIER

En 2007, sept entreprises de BTP sur dix ont déploré au moins un vol.

«Stop au pillage de nos chantiers!» tel était le cri d'alarme lancé en février par le président de la FFB de l'époque Christian Baffy. Un message auquel Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, a été sensible puisque deux mois plus tard un protocole d'accord a été entériné listant les engagements des deux parties. Reste que l'accord doit être déployé par convention dans chaque département: à l'heure actuelle, ce sont 38 fédérations départementales qui ont signé ou sont sur le point de le faire. A Paris, la convention a été ratifiée courant octobre, tandis que dans les Alpes-Maritimes, c'est le cas depuis juin. «Le but est d'instaurer une meilleure communication entre les services de police et de gendarmerie et les entrepreneurs», précise la FFB 06. Un dispositif qui s'appuie sur les «référents sûreté», qui sont en place dans chaque direction départementale de sécurité. Interlocuteur unique des entrepreneurs du bâtiment, ils jouent à la fois un rôle préventif et de suivi. Il convient de signaler les chantiers sensibles via une fiche navette (avec les dates de début et de fin du chantier, son emplacement, les coordonnées de l'entrepreneur, etc.) à un représentant de la FFB, qui transmet ensuite les informations au référent. «Pour les travaux chez les particuliers, il n'y a pas lieu de nous tenir informés, explique le commissaire divisionnaire Daniel Jacqueme, chef du service information sécurité à l'inspection générale des services à la préfecture de police de Paris. En revanche, quand un chantier se trouve sur la voie publique ou en zone sensible, c'est important de nous le signaler.» Le référent se cantonne à faire un certain nombre de recommandations (mise en place de palissades de systèmes de gardiennage, etc.) mais, selon les cas il peut également se déplacer sur le chantier pour établir un diagnos tic. Une des solutions consiste à marquer son matériel grâce à des systèmes de géolocalisation. «Cela peut être dissuasif. Mais ce système est réservé au matériel lourd et coûteux», selon la FFB 06. En effet, le coût est un frein, mais la mise en place de dispositifs de sûreté peut aussi être l'occasion de négocier des tarifs à la baisse auprès de son assureur.

Réagissez au plus vite

Dans l'hypothèse où, malgré vos actions préventives, vous constateriez des dégradations ou des vols un certain nombre de recommandations sont listées dans ces conventions départementales. En premier lieu «il s'agit de rédiger une fiche de signalement dès la constatation des faits: elle ne remplace pas le dépôt de plainte qui doit être systématique et fait dans les plus brefs délais, mais cela permet d'accélérer les choses. Car le facteur temps est essentiel dans ce genre d'affaires», explique la FFB des Alpes- Maritimes. Il faut également respecter quelques consignes: «Les entrepreneurs doivent laisser les lieux en l'état pour ne pas détruire les preuves et pour que la police puisse travailler correctement», insiste le commissaire divisionnaire Daniel Jacqueme. L'intervention des équipes scientifiques sur les lieux du délit se fait dans des délais très courts: dans les 24 heures qui suivent le signalement. Si vous deviez pénétrer sur votre chantier notez votre cheminement et revenez par le même itinéraire. Ne touchez à rien (ou avec des gants) et protégez notamment des intempéries les traces de pas et de pneu.

Mais, «il ne faut pas se leurrer, la probabilité de récupérer le petit outillage est infime. Néanmoins, pour le gros matériel comme les engins, plus tôt on s'y prend et plus on a de chance de mettre la main sur les voleurs au moyen de barrages par exemple», reconnaît-on à la FFB 06.

«Le dépôt de plainte doit être systématique et fait dans les plus brefs délais.»
Fédération française du bâtiment

CARINE GUICHETEAU

La rédaction vous recommande

Sur le même sujet