[Étude de cas] Jean-Michel David, un artisan qui fait rimer "peinture" et "nature"

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[Étude de cas] Jean-Michel David, un artisan qui fait rimer 'peinture' et 'nature'

Dirigeant d'une entreprise de travaux de peinture et décoration, Jean-Michel David se dit attaché au respect de l'environnement, au nom du bon sens. Un engagement vert qui s'est notamment traduit par un investissement dans une machine à nettoyer son matériel.

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Peindre un mur, redonner un coup d'éclat à une surface défraîchie, repenser une décoration... Oui, mais pas au détriment des habitants ni de l'environnement. Amené, dans le cadre de son activité, à utiliser des produits polluants, Jean-Michel David, artisan spécialisé dans les travaux de peinture, s'efforce de limiter son empreinte écologique.

"Je ne me considère pas comme écolo mais comme une personne de bon sens. Faisons en sorte que nos produits polluants soient le moins en contact avec l'environnement", déclare l'artisan, à la tête d'une équipe de quatre personnes.

Fort de cette conviction, il s'équipe, dès 2016, d'une machine pour nettoyer le matériel (rouleaux, pinceaux...) Un équipement qui permet de limiter la pollution de l'eau, qui est purifiée et réutilisée. "Avant, je polluais 5 m3 d'eau par an, qui partaient à la station d'épuration", raconte le dirigeant. L'investissement consenti s'élève à près de 8000 euros au total, dont 1500 à 2000 euros à la charge de l'entreprise, qui s'appuie, pour le reste, sur une aide de l'Ademe. Un effort pour la TPE, qui n'a pas encore rentabilisé son investissement. Mais un effort qui vaut le coup, récompensé par un trophée Eco-Défis de la CMA, marquant son caractère respectueux de l'environnement.

Choisir des produits adaptés

Au-delà, Jean-Michel David s'efforce de choisir, chez ses fournisseurs, des produits moins polluants. "C'est un critère parmi d'autres", explique-t-il. Des produits qu'il juge toutefois adaptés pour une minorité de chantiers seulement car, ces produits étant 20 à 30 % plus chers, il faut des clients sensibles au sujet et prêts à mettre le prix.

Enfin, il mise sur le recyclage. Pour éviter les rejets dans la nature, il s'appuie, là encore, sur ses fournisseurs. Pour 95 à 96 centimes par kilo, ces professionnels récupèrent et gèrent les déchets, comme les fonds de peinture ou les résidus de matériau. Par ailleurs, Jean-Michel David porte ses cartons à la déchetterie.

"La façon de penser de l'entreprise"

Une sensibilité qu'il partage avec son équipe. "Cela fait partie de la façon de penser de l'entreprise. Tout le monde a bénéficié d'une formation gratuite à la machine auprès du fournisseur. Je suis certain qu'ils sont pour", dévoile Jean-Michel David qui ne leur demande pas en particulier, en revanche, de préciser leur discours au client dans ce sens.

De fait, l'impact de cet engagement sur le business reste difficile à mesurer. "C'est un peu tôt pour le dire", estime l'artisan qui s'avère, par ailleurs frileux à l'égard des labels, comme RGE. Reste que cet engagement lui a apporté de la visibilité : le prix, tout d'abord, et l'intérêt des médias, comme Ouest-France, qui lui a consacré un article.

Il s'efforce aussi de plus en plus de le mettre en avant dans sa communication: il n'a pas de site Web mais est répertorié sur le site Villes&Shopping.fr qui recense les commerces et services en local.

"Pour le moment, pas de nouveaux projets. C'est aux fournisseurs de trouver des produits de remplacement. Mais de gros efforts ont déjà été faits", conclut-il.

Repères

Raison sociale : EURL David
Activité : travaux de peinture et décoration, peintre en bâtiment, revêtements sols et murs
Ville : Nort-sur-Erdre (Loire-Atlantique)
Année de reprise : 1997
Dirigeant : Jean-Michel David, 57 ans
Effectif : 5 personnes
CA 2017 : NC

Amélie Moynot

Amélie Moynot

Journaliste

Journaliste depuis 2009, j’ai rejoint la rédaction de Commerce Magazine, Artisans Mag’ et Chefdentreprise.com en 2015. Mes domaines de prédilection : [...]...

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