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Des artisans mieux formés

Autre volet essentiel du Plan, la formation. Le gouvernement prévoit un déblocage de 30 millions d'euros pour la formation de 65 000 professionnels du bâtiment. Un financement qui concernera à la fois la formation initiale et continue. Il pourra, par ailleurs, couvrir aussi bien les frais pédagogiques que l'ingénierie pédagogique, c'est-à-dire permettre de proposer des programmes correspondant à de vrais besoins.

"Nous ne partons pas de rien puisque le programme FEE Bat (Formation aux économies d'énergie) a déjà permis de former 172 000 stagiaires depuis 2008", contextualise Sabine Basili, vice-présidente de la Capeb. Un dispositif ayant déjà porté ses fruits, à poursuivre et à renforcer. "Aujourd'hui, certains modules ne sont pas suffisamment utilisés, comme sur les notions de travailler ensemble et de gestion des interfaces pour perfectionner une approche globale", illustre l'experte.

Le label RGE amélioré

En lien avec cette thématique, le Plan ouvre également un chantier sur le label RGE. Dans les grandes lignes, l'idée est d'améliorer ce label, ce qui doit passer, en premier lieu, par un perfectionnement de la formation.

Sur ce sujet, "l'objectif est de continuer de gagner en qualité sur le dispositif qui a permis une vraie montée en compétences. Mais cela doit se poursuivre pour limiter davantage les malfaçons", témoigne-t-on aux ministères de la Transition écologique et solidaire et de la Cohésion des territoires. "Qu'il faille continuer à faire monter en qualité la filière, cela va dans le bon sens", commente la FFB.

Les autorités souhaitent faire en sorte que le label corresponde encore davantage aux besoins des professionnels. Par exemple, sur la rénovation par étapes. "Le professionnel doit être en mesure d'intervenir après un premier geste ou en dernier. L'idée est de lui permettre d'optimiser son travail en lien avec les autres corps d'état", déclare-t-on aux ministères.

L'amélioration du label passera aussi par un renforcement des contrôles. À cet égard, plusieurs pistes sont évoquées, comme une augmentation de leur nombre en fonction de l'activité de l'entreprise ou de sa taille. "Il faut des critères objectifs pour que les contrôles soient raisonnables, pas trop lourds pour l'entreprise", complètent les ministères.

"Nous souhaitons, à la Capeb, accentuer davantage les audits sur la technique et moins sur l'administratif", avance Sabine Basili, qui, sur un autre plan, milite aussi pour "équilibrer les exigences de compétences, au regard du nombre de salariés", permettant ainsi de favoriser le fait que chacun, dans l'entreprise, puisse acquérir des notions en matière de performance énergétique.

Autre piste de réflexion prise en compte au niveau des discussions préparatoires à l'élaboration des mesures concrètes, selon Qualibat : rendre les contrôles moins punitifs et davantage pédagogiques.

L'idée est, enfin, de simplifier et d'encourager l'évaluation des travaux par les clients. "Ce qui pouvait nuire au label RGE, c'est qu'il y avait parfois des problèmes de mise en oeuvre moins sur les travaux que sur les pratiques commerciales", diagnostiquent les ministères. Il s'agit donc d'une part de rendre plus simple pour les particuliers le fait de savoir à qui s'adresser en cas de problème et, d'autre part, de trouver un système adapté pour mener des enquêtes de satisfaction.

Pas question, toutefois, de mettre en porte-à-faux les professionnels. "Autant le particulier peut constater un problème de délai, de devis ou de malfaçon évidente, autant le niveau énergétique ne relève pas de sa compétence", indiquent les ministères. "Le client ne connaît pas les règles de l'art. Il peut proposer un retour sur l'aspect service mais pas sur la qualité des travaux. Il s'agit de limiter la réaction du client à ce sur quoi il est sachant", abonde Alain Maugard.

L'idée est, par ailleurs, de rendre le label plus clair notamment en favorisant l'identification des compétences des professionnels (la reconnaissance peut en effet être accordée à différents corps de métier). Parmi les pistes de réflexion figure le fait de mettre davantage en avant le corps d'état ("Label RGE + corps d'état").

[Témoignage] "Le label nous ouvre l'accès aux travaux éligibles aux aides"

Dirigeant d'une entreprise de plomberie et chauffage à Rouen, Alexandre Deschamps s'est lancé dans une démarche RGE "dans le courant de la première année" suivant sa reprise de la structure. Sensibilisé au sujet par la FFB, puis formé pour répondre aux exigences du label, il met en oeuvre des actions correspondant à cette reconnaissance.

Ainsi, il propose à ses clients, dans le cadre de ses devis, du matériel éligible aux aides, ou encore l'évoque lorsqu'il répond à un appel d'offres public, avec ses autres qualifications, comme Professionnel du Gaz. "Posséder le label RGE nous ouvre l'accès aux travaux éligibles aux aides -souvent, un remplacement de chaudière-, ce qui permet de développer notre chiffre d'affaires", explique-t-il.

Un apport toutefois difficilement quantifiable, doublé d'un bénéfice en termes d'image. "Cela montre aux architectes ou aux maîtres d'oeuvre que nous sommes une entreprise un peu plus engagée qu'une société "seulement" Qualibat", estime-t-il.

Un bémol, toutefois : la lisibilité des aides. "Certaines sont complexes, et difficiles à expliquer. Parfois, on est obligés de demander aux clients de faire les démarches pour connaître celles auxquelles ils ont droit", estime-t-il. À cela s'ajoute qu'au démarrage, les conditions pour prétendre au label lui ont paru peu exigeantes. Une porte ouverte à d'éventuels abus.

Pas de quoi, toutefois, remettre tout en cause. Et l'artisan de se réjouir des axes fixés par le plan pour améliorer le RGE, à savoir le renforcement de la formation, des contrôles et de l'évaluation des travaux par les clients. "Cela me semble aller dans le bon sens", conclut-il.

Repères

Raison sociale : SARL Deschamps (page Facebook)
Activité : Plomberie, chauffage
Siège social : Rouen (Seine-Maritime)
Année de reprise : 2014
Dirigeant : Alexandre Deschamps, 39 ans
Effectif : 11 personnes
CA 2017 : 970 k€

Amélie Moynot

Amélie Moynot

Journaliste

Journaliste depuis 2009, j’ai rejoint la rédaction de Commerce Magazine, Artisans Mag’ et Chefdentreprise.com en 2015. Mes domaines de prédilection : [...]...

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