Mon compte Devenir membre Newsletters

[Étude de cas] L'artisan Stéphane Charvet veut faire breveter son innovation

Publié le par

Le charpentier couvreur Stéphane Charvet a mis au point un système de ventilation et de fixation adapté aux problématiques des bâtiments agricoles. Une invention pour laquelle il a déposé une demande de brevet et qu'il cherche désormais à vendre. Retour sur son parcours de création.

[Étude de cas] L'artisan Stéphane Charvet veut faire breveter son innovation

On n'est jamais mieux servi que par soi-même. C'est la conviction qui guide nombre d'innovateurs dans leur démarche. C'est peut-être aussi la morale de l'histoire de Stéphane Charvet, charpentier couvreur basé près de Mâcon, au nord de Lyon.

Spécialisé dans les bâtiments agricoles, il enregistrait ponctuellement des demandes pour poser des lanterneaux (constructions surélevant un toit, pour l'éclairage ou l'aération). Problème : rien de satisfaisant n'existait en la matière. "Chacun avait son propre système", relate l'artisan. Pas simple à gérer sur les chantiers, ni très compétitif...

Pour pallier ce manque, il imagine son propre système de fixation : un profilé métallique en forme de "u" muni de trous, côté intérieur, pour laisser passer l'air, et répondant à trois fonctions : support pour le lanterneau, ventilation et pare-vent. Un objet adapté pour les bâtiments d'élevage, neufs ou existants, et convenant à tous supports (toiture en fibrociment ou bac acier, charpente bois ou métallique).

"Mon système est simple et rapide à poser. Il fait gagner du temps aux poseurs (ils mettent deux fois moins de temps), argumente le dirigeant. Il est aussi économique pour le client. Cela lui coûte un tiers de moins qu'une solution classique."

Un moyen, aussi, d'assurer des conditions de vie saines pour les animaux tout en optimisant l'environnement de travail des agriculteurs.

Pour protéger son invention, Stéphane Charvet dépose une demande de brevet à l'INPI en mai 2017. Une démarche qui lui revient à 6 000 euros, incluant la demande en elle-même et l'accompagnement par un prestataire extérieur pour l'aider à monter le dossier. "Je peux depuis commercialiser le produit", note-t-il.

Séduire les fabricants de bâtiments

Si cette nouveauté n'a pas d'impact véritable sur son activité - la demande reste très ponctuelle pour ce type d'intervention -, elle est toutefois annonciatrice d'un potentiel tournant pour l'artisan. "Mon but, c'est de vendre mon produit aux fabricants", témoigne-t il.

Pour cela, il a commencé à démarcher des concepteurs de bâtiments agricoles, et vise aussi les chambres d'agriculture. Dans cette optique, il met aussi en place d'autres actions. Il conçoit une plaquette commerciale et poste sur YouTube cinq courtes vidéos montrant des exemples d'installation du produit. Il trouve un nom à son invention, Ubak.

Il prévoit, par ailleurs, de participer à un salon de l'élevage prévu près de Clermont-Ferrand en octobre 2017, afin là encore de trouver des prospects.

Les artisans du bâtiment sont également dans sa cible. Il ­souhaiterait en faire des partenaires privilégiés. " J'aimerais trouver des charpentiers, deux à trois par département, qui posent mon produit", ajoute-t-il. Avis aux intéressés...

Repères

Raison sociale : SARL Charvet Stéphane
Activité :
charpente, couverture, zinguerie avec spécialisation dans les bâtiments agricoles et les maisons ossature bois
Ville
: Trambly (Saône-et-Loire)
Année de création :
2001
Dirigeant
: Stéphane Charvet, 43 ans
Effectif :
3 personnes
CA 2016 :
500 k€
Site Web : Charvet toiture 71

)