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Artisans du bâtiment : comment garder une longueur d'avance grâce aux start-up

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Artisans du bâtiment : comment garder une longueur d'avance grâce aux start-up

Au niveau marketing, elles aident à rassembler et utiliser la data du bâtiment (Deepki). D'autres start-up, enfin, proposent de nouveaux matériaux (Woodoo) ou des systèmes constructifs innovants (B2R+, Sofrinnov).

Dans l'un ou l'autre domaine, certaines start-up affirment une vocation écologique ou une ambition environnementale forte, par exemple sur le créneau des matériaux biosourcés, des énergies renouvelables ou encore de l'économie circulaire (Matabase, Cycle Up). "Elles se positionnent sur cinq secteurs : maison individuelle privée, copropriété privée, logement social, tertiaire public et tertiaire privé", précise Jérôme Gatier.

Le tout forme un ensemble de sociétés diverses parfois étiquetées sous la bannière "BuildTech". Un terme toutefois peu usité par les experts interrogés. "Il faut se méfier de l'appellation "tech". L'innovation n'est pas forcément une innovation technologique, mais va plus loin et touche par exemple à l'organisation des métiers", remarque Antoine Thuillier.

[Ils l'ont fait] Maison 3D : quand les artisans collaborent à des projets innovants

Nantes a vu émerger l'année dernière une maison d'un genre un peu particulier. L'édifice a, en effet, été construit grâce à un procédé d'impression 3D, et ses murs réalisés par des robots.

Une initiative novatrice qui n'est pas à proprement parler le travail d'une start-up mais d'un ensemble d'acteurs fédérés autour de l'université de Nantes, notamment la métropole, de grands groupes comme Bouygues Construction ou LafargeHolcim, ou encore des entreprises du bâtiment comme la PME Baudet, spécialisée dans les salles de bains, et Carretero Meyer, qui a réalisé les fondations de la maison.

Le projet illustre donc bien la capacité de différents types d'acteurs à travailler ensemble dans une dynamique d'innovation. La start-up XtreeE, spécialisée dans l'impression 3D, et l'université ont d'ailleurs entamé des discussions.

"Comme la moissonneuse-batteuse en agriculture, le premier rôle de la machine est de faciliter le travail de l'homme, et je ne vois pas pourquoi les métiers de la construction seraient épargnés", analyse Benoît Furet, professeur et chercheur à l'université.

Dans le cas de cette maison, " pas besoin d'échafaudages, pas de charges à soulever ou à porter ", détaille-t-il. Un moyen, autrement dit, de limiter le risque de chute et de réduire la pénibilité au travail.

"Il y a deux façons de voir les choses : se dire qu'on va tuer le métier du maçon et créer du chômage, ou que le savoir-faire n'est pas dans la machine mais dans le pilotage du robot." Un exemple qui illustre l'évolution des métiers que va entraîner la reconfiguration du secteur.

"Esprit start-up "

Un panel d'offres qui visent à optimiser le quotidien. Mais les start-up peuvent, enfin, inspirer les artisans d'une autre manière. "Introduisez en vous-même l'esprit start-up !" martèle Pierre-Yves Legrand. Un esprit notamment caractérisé par l'autonomie laissée aux collaborateurs et par "la capacité à se dire que tout est possible". Reste, dans la réalité, à s'habituer au changement. Question de temps disponible, de capacité à investir, d'appétence pour la nouveauté...

Ces collaborations ne coulent pas de source. Des changements qui s'inscriront dans un temps long. Pour favoriser le rapprochement entre les artisans et les start-up, les acteurs s'organisent. Ainsi, Artibat, salon de la construction, dont la prochaine édition se tiendra du 24 au 26 octobre 2018 à Rennes, et Novabuild, centre spécialisé dans la construction durable en Pays de la Loire, annonceront, vers le mois de juin 2018, le lancement du projet Cirq.

Il s'agira à la fois d'un espace physique qui, lors du prochain salon, sera dédié aux rencontres avec les start-up et à la présentation de leurs innovations, et d'une plateforme de mise en relation prochainement mise en ligne. Une façon de créer des ponts entre les deux mondes en donnant aux start-up davantage de visibilité.

[3 infos en +]

6

C'est le nombre de start-up qui ont, en 2017, intégré le CSTB'Lab, l'accélérateur du Centre scientifique et technique du bâtiment : Seve Up, Snapkin, Levels3D, Lutecium, XtreeE et Syscobat.

Winner

Dans les Landes, le technopôle Domolandes organise chaque année le concours de la création d'entreprise Construction Durable. Les lauréats 2017 sont Kocliko et (de nouveau) Syscobat.

217

candidates, 89 nominées, 23 lauréates. C'est le nombre d'innovations - de start-up ou d'autres entreprises - passées par le Concours de l'innovation du salon Batimat 2017. Un secteur dynamique !

Amélie Moynot

Amélie Moynot

Journaliste

Journaliste depuis 2009, j’ai rejoint la rédaction de Commerce Magazine, Artisans Mag’ et Chefdentreprise.com en 2015. Mes domaines de prédilection : [...]...

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