Mon compte Devenir membre Newsletters

BTP: la situation reste tendue

Publié le par

Si la Fédération française du bâtiment s'attend à une légère baisse de son activité en 2014, de l'ordre de 0,4 %, un autre facteur la préoccupe. Elle s'inquiète de l'impact du compte personnel pénibilité, jugé coûteux et complexe.

BTP: la situation reste tendue

Toujours pas de reprise en vue. "Ce début d'année s'avère conforme à ce que nous avions prévu fin 2013, à savoir une stabilisation du logement neuf sur un rythme annuel d'environ 340 000 mises en chantiers, et un léger recul du non résidentiel neuf", a déclaré Didier Ridoret, président de la Fédération française du bâtiment (FFB) qui a dévoilé le 11 mars 2014 les chiffres de conjoncture du bâtiment.

Au global, c'est donc bien une situation de stagnation qui se dessine pour 2014, avec une baisse d'activité de 0,4%. Du côté de l'emploi, la FFB table sur un recul de 7 500 postes en 2014. Une situation qui s'explique par le non-renouvellement d'emplois et le recul du nombre d'entrées en formation.

"La principale difficulté du moment réside toutefois dans le fait que rien ne permet d'anticiper l'amorce d'une reprise à court ou moyen terme. Or, les trésoreries des entreprises s'épuisent, tout comme leur capacité à résister à un décrochage d'activité de près de 17 % depuis la fin 2007", confie Didier Ridoret, qui réclame la mise en place du PTZ+ originel, qui offrirait un nouvel essor de la primo-accession à la propriété.

Le casse-tête du compte pénibilité

C'est dans ce contexte difficile que se profile le "compte personnel pénibilité". La loi du 20 janvier 2014 a fait des fiches individuelles de prévention de la pénibilité, instaurées par la précédente réforme des retraites de 2010, la base d'un dispositif ouvrant notamment droit à une cessation anticipée d'activité et qui entrera en vigueur dès janvier 2015. "Il s'agit d'une mesure d'une extrême complexité, au point qu'une vingtaine de dispositions nécessitent des précisions par décret, actuellement en cours d'élaboration", poursuit Didier Ridoret.

Pour accéder aux mesures de formation (chaque collaborateur soumis à des conditions de travail pénible accumule des points à convertir en formation), les salariés devront avoir été exposés au-delà de certains seuils. C'est pourquoi l'activité de chaque compagnon doit être tracée en permanence sur sa fiche individuelle. "Mais, dans nos métiers où les salariés sont polyvalents et interviennent sur des chantiers par nature tous différents, il n'est pas possible de savoir si tel compagnon intervient ou non à proximité d'une source de bruit au gré de ses déplacements sur le chantier ou en fonction de l'activité des autres entreprises intervenant autour de lui", explique Didier Ridoret.

Il semble ainsi difficile de mesurer combien de temps les peintres qui rénovent un appartement et vont alternativement décoller les papiers peints, enduire, poncer, imprégner des supports, peindre, découper.... vont exercer des tâches les soumettant à des postures pénibles (bras en l'air, travail près des plinthes) ou à des manutentions manuelles de charges ou aux poussières.

La FFB demande que soit établie une approche individuelle par un filtre médical, seul moyen d'identifier l'origine d'une altération de santé. Elle va lancer prochainement un appel au principe de réalité à l'ensemble des parlementaires et aux pouvoirs publics.

)