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Ces concours qui rapportent de l'or

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Inciter vos apprentis à participer à des concours peut vous rapporter gros. Ils permettent de valoriser le capital de l'entreprise et de bénéficier de retombées importantes. À condition de jouer le jeu de la préparation et de la transmission du savoir-faire.

Ces concours qui rapportent de l'or

Le suspense aura duré jusqu'au dernier moment. Lorsque les résultats des Olympiades des métiers sont tombés, dimanche 16 août 2015, dans le gymnase Ibirapuera de São Paulo au Brésil, David Gaudillier et son apprenti Baptiste Gabiot, 22 ans, ont rapidement compris qu'ils étaient en train de vivre une expérience hors norme. Après avoir affronté 18 concurrents internationaux pendant quatre jours, Baptiste a reçu devant des milliers de spectateurs le titre de Meilleur apprenti mondial.

Une récompense qui n'a surpris qu'à moitié David Gaudillier, le patron de Baptiste et gérant de l'entreprise Isolation Plaquiste Peintre (IPP) : "J'ai tout de suite identifié le potentiel de ce jeune. Déjà à 16 ans, quand il a intégré l'entreprise, il faisait preuve d'un esprit compétiteur, d'une envie d'apprendre et de progresser", confie l'artisan. Un prix qui n'est pas passé inaperçu en Saône-et-Loire, département où est implantée l'entreprise, et qui a projeté le savoir-faire de l'équipe de David Gaudillier sur le devant de la scène. " Nous sommes débordés. Notre carnet de commandes est plein, nous avons plus de six mois d'activité d'avance", poursuit le dirigeant.

Bernard Truttmann, gérant de Pierre Garnier Toiture, une entreprise strasbourgeoise spécialisée en couverture, zinguerie et charpente, qui a lui aussi accompagné plusieurs de ses apprentis sur les concours des Olympiades des métiers, a également connu ce moment de gloire, cette fierté d'amener un jeune vers le top. Guillaume Schneider, son apprenti, a remporté en 2015 la médaille d'argent lors de la finale nationale des Olympiades des métiers. " Vous savez que vous avez un diamant brut entre les mains, et qu'il faut l'amener au bout de ses compétences. C'est une fabuleuse expérience, pour le jeune mais aussi pour l'entreprise. Cela a permis, à chacun d'entre nous, de monter en compétences et de confirmer notre positionnement sur du haut de gamme. Certains clients nous suivent depuis 32 ans " , se satisfait Bernard Truttmann, ancien cadre dirigeant dans un groupe international, qui a repris l'entreprise en 2008.

Si la réussite repose sur l'implication et la motivation du jeune, le dirigeant a aussi un rôle à jouer. "Il doit créer un environnement propice à son projet, en lui affectant un local ou en lui confiant les clés de l'atelier afin que le jeune puisse s'entraîner les soirs et les week-ends. Il peut aussi être amené à libérer du temps à son apprenti afin qu'il rejoigne son centre de formation", estime Christian Cerqueira, conseiller jeune et entreprise au sein du CFA de Saône-et-Loire qui a formé Baptiste Gabiot.

Organisation militaire

Les jeunes sont avant tout jugés sur leurs aptitudes techniques. "La préparation à un concours représente un investissement personnel énorme. Il ne suffit pas de s'entraîner une heure par semaine", poursuit Christian Cerqueira. " Un véritable travail de titan, plus de trois ans de préparation et plus de 300 heures de travail en atelier, sans compter la préparation sur les chantiers " , estime Bernard Truttmann.

Les concours demandent en effet une organisation très militaire. Par exemple, Baptiste Gabiot a enchaîné les épreuves sur quatre jours : une porte à laquer (peinture à main levée), avec pose du papier peint et d'une fresque avec application d'un enduit décoratif, ainsi qu'un speed module, épreuve de vitesse dont le sujet est dévoilé au dernier moment. "Le jeune doit s'approprier une organisation, bien disposer ses outils pour gagner en efficacité. L'apprenti doit pouvoir, in fine, travailler le métal les yeux fermés ", poursuit Bernard Truttmann.

La préparation psychologique est par ailleurs importante. Qu'il s'agisse du concours du Meilleur apprenti de France (Maf), du Meilleur ouvrier de France (Mof) ou des Olympiades des métiers, les candidats s'engagent dans une véritable course contre le temps, contre le stress, contre la fatigue avec l'objectif de donner le meilleur de soi-même. Chaque épreuve a un temps imparti. Il faut donc savoir gérer ses émotions (du stress, de l'environnement et des contraintes), se préparer à réaliser ses épreuves face à un public. "Le jeune doit donc apprendre à se mettre dans sa bulle, et doit être capable de trouver des solutions d'urgence. Mais sans panique, avec un peu de recul ", conseille Christian Cerqueira.


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