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Décoration, rénovation et domotique : trois marchés porteurs en 2017

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Comment réussir à tirer son épingle du jeu dans une conjoncture qui peine à décoller franchement ? Les tendances qui vont drainer une hausse d'activité en 2017 sont les économies d'énergie, l'agencement-décoration ou encore la domotique. Explications.

Décoration, rénovation et domotique : trois marchés porteurs en 2017

© DR

Avec 3,4 % de croissance espérée en 2017, le secteur du bâtiment reprend des couleurs. Il profite de la très bonne dynamique de la construction neuve grâce à une augmentation de 15,5 % d'autorisations délivrées et de 8,5 % de mises en chantier. Ces chiffres flatteurs ne traduisent cependant pas une reprise dans tous les secteurs. L'activité de rénovation demeure atone avec une hausse de 0,9 % (seulement) attendue cette année. Les entreprises qui tireront leur épingle du jeu seront celles qui proposeront des solutions innovantes, basées à la fois sur l'agencement-décoration et les tendances liées à la recherche d'économies et au développement durable.

Agencement décoration

" Le marché de la décoration d'intérieur connaît une hausse significative ", constate Jean-Jacques Châtelain, élu au sein du conseil d'administration de la Capeb, et dirigeant d'une entreprise de peinture basée à Jouy-en-Josas dans les Yvelines. Les raisons sont diverses : le changement de nos modes de vie qui nous amène à passer plus de temps au sein du domicile, mais aussi et surtout l'essor des émissions déco à la télévision, qui incitent à embellir nos intérieurs. Un boom qui profite à plusieurs métiers du bâtiment.

Les peintres en premier lieu. Lorsqu'il se rend chez ses clients, Jean-Jacques Châtelain ne va pas simplement donner un coup de peinture. Il connaît également toutes les astuces qui vont permettre d'agrandir ou de rendre une pièce plus lumineuse. Sa mission, qui représente aujourd'hui 85 % de son CA, consiste à aménager l'espace en donnant du style aux intérieurs. Son travail est de prendre en considération le budget et les aspirations de ses clients afin d'installer dans leur maison un univers décoratif qui leur ressemble. " D'où la nécessité de s'équiper d'une tablette et d'un logiciel 3D pour être plus convaincant et aider les clients à se projeter ", insiste l'artisan peintre.

Il n'a pas suivi de formation mais avoue parcourir de nombreux magazines de décoration pour rester à l'écoute des tendances. " Il y a aussi de bonnes idées à piquer du côté des marchands de couleurs, qui sont les industriels et les négoces ", poursuit Jean-Jacques Châtelain. Son entreprise va par ailleurs s'orienter vers un autre secteur porteur : le home staging. Le concept consiste à relooker des meubles, à dépersonnaliser, rafraîchir, nettoyer et aménager une maison pour qu'elle plaise au plus grand nombre.

" J'étais au début réticent. Si, habituellement, nous avions l'habitude de gratter, poncer et d'enduire plusieurs fois un mur avant de le rénover, la technique du home staging nous conduit à travailler plus rapidement et à utiliser par exemple une peinture qui sèche plus vite. Le but étant de vendre du visuel, et une prestation moins chère ", confie Jean-Jacques Châtelain, qui envisage de créer des partenariats avec des agences immobilières environnantes pour décrocher plus de contrats.

Christian Schieber, dirigeant d'une entreprise de taille de pierre de huit salariés basée à Mul­house, a aussi flairé le bon filon de la décoration il y a cinq ans, lorsqu'il a habillé les murs de son entreprise en pierre agrafée. Cette technique consiste à fixer des plaques de pierres à un mur pour donner l'aspect de la pierre à un bâtiment. " Ce système, où on ne voit ni les vis ni la pâte, est non seulement esthétique mais il est également apte à résister à des efforts sismiques " , affirme-t-il. Selon lui, pour gagner des parts de marché supplémentaires, il faut par ailleurs positionner la pierre naturelle " comme choix chez nos clients pour leur plan de travail de cuisine ou leurs bacs de douche. Il faut aussi leur faire comprendre que ce matériau n'est pas si coûteux. Un bac à douche en pierre naturelle est accessible autour de 600 euros " , renchérit Christian Schieber.

Les menuisiers charpentiers ont également tout intérêt à flirter sur ce segment. Alain Roque, gérant d'une entreprise de menuiserie et de charpente basée à Saint-Germain-du-Puch, en Gironde, propose des travaux d'agencement : des menuiseries extérieures de rénovation, la pose de parquet, la réalisation de meubles, de dressings ou de placards de salle de bains sur mesure en plaquage verni, l'installation de lumières leds dans les placards. " Nous travaillons essentiellement avec des architectes. Sur la base des plans des maisons qu'ils nous fournissent, nous élaborons les plans techniques et proposons un agencement " , précise Alain Roque, pour qui cette activité représente 30 % de son activité.

Au-delà de la mise en oeuvre d'un parquet ou d'un escalier, Jean-Marc Desmedt, président de l'UNA (Union nationale artisanale) charpente-menuiserie au sein de la Capeb, insiste sur l'importance d' " apporter une amélioration à travers des finitions sur les bois en extérieur. Fabriquer des menuiseries garanties en finition est l'un des moyens d'apporter un service différenciant aux clients, qui peut nous aider à garder ou à reprendre des parts de marché " .

Économies d'énergie

Autre marché porteur, propice aux secteurs de l'isolation et du plâtre, les travaux d'isolation. Selon la note de conjoncture de la Capeb publiée le 26 janvier 2017, le volume des travaux d'amélioration de la performance énergétique des logements poursuit sa progression : +2 %, contre 1 % au même trimestre de l'année précédente. 288 000 rénovations "performantes ou très performantes" ont été achevées en 2014 dans le parc de logements privés avec un coût moyen par rénovation de 25 410 euros, selon les chiffres publiés par l'Ademe en juillet 2016.

" Les aides incitatives mises en place par le gouvernement encouragent les Français à rénover leur logement ", constate David Morales, président de l'UNA Métiers et techniques du plâtre et de l'isolation au sein de la Capeb et gérant d'une entreprise de plâtrerie et d'isolation en Haute-Garonne. En parallèle, l'arrêté du 22 mars 2017 a remis à jour les niveaux de performance thermique et énergétique à atteindre. Contrairement à la rénovation globale, cette réglementation permet une rénovation par élément. Ainsi, chaque élément changé devra être conforme à la nouvelle réglementation des bâtiments existants (chaudières, fenêtres, isolations, radiateurs...). " On nous demande d'être plus performants ", souligne David Morales, qui estime que cette réglementation, dont l'entrée en vigueur est prévue le 1er janvier 2018, va "encore faire avancer le processus de rénovation".


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