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Bâtiment: une forte croissance qui pourrait être freinée en 2018 par l'instabilité réglementaire

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Après huit années de crise, la croissance dans le bâtiment s'est nettement renforcée en 2017. L'activité globale a progressé de 4,7%, selon la FFB. Le secteur craint toutefois que la croissance ne s'enraye en 2018 en raison de l'instabilité réglementaire et de la loi de finances.

Bâtiment: une forte croissance qui pourrait être freinée en 2018 par l'instabilité réglementaire

L'activité globale du secteur du bâtiment a fait un bond énorme en 2017: +4,7%. Le logement constitue le principal vecteur de cette croissance, avec une production en hausse de 12,8 % en 2017, selon les statistiques de la FBB publiées mardi 19 décembre 2017. Près de 410 000 logements ont été mis en chantier, soit un niveau 15 % au-dessus de la moyenne 1980-2016. Toutefois, c'est la confirmation de la reprise du non résidentiel neuf qui constitue la bonne nouvelle de 2017. L'activité sur ce segment affiche + 3,7 % en fin d'année, tirée notamment par les bâtiments industriels.

Quant au marché de l'amélioration-entretien, qui représente plus de la moitié du chiffre d'affaires des entreprises, il sort enfin de l'ornière, avec une croissance de 1,4 % de la production. Des chiffres qui annoncent forcément de bonnes nouvelles sur le front de l'emploi. "Les effectifs sont à la hausse. En moyenne annuelle, le solde net pour 2017 ressort à +1,7% soit 20 000 postes créés, contre 4900 emplois perdus entre 2015 et 2016", se réjouit Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment (FFB).

Un risque de tassement de l'activité en 2018

Toutefois, les mesures prises en loi de finances pour 2018 pourraient faire capoter ce scénario. C'est le cas en particulier de deux mesures : l'instauration du Prêt à taux réduit (PTR) -le potentiel remplaçant du PTZ- et le rabotage du CITE. La FFB table donc sur une croissance beaucoup plus mesurée de 2,4% de l'activité en volume l'an prochain.

Pour soutenir la croissance du secteur, la FFB demande le maintien du PTZ et défend un CITE à 15 % sur le remplacement des simples vitrages et des chaudières à fioul performantes jusqu'au 31 décembre 2018. À moyen terme, le syndicat reste vigilant sur les évolutions structurelles du secteur que le gouvernement souhaite introduire au travers de la loi "Évolution du logement, de l'aménagement et du numérique" (ELAN). "Nous souhaitons qu'elle débouche au plus vite sur des éléments concrets en matière de simplification normative et règlementaire, de lutte efficace contre les recours abusifs, de meilleure organisation de la chaîne du logement grâce au numérique", estime Jacques Chanut.

La FFB attend également beaucoup des projets du Plan climat et du Plan de rénovation énergétique des bâtiments portés par Nicolas Hulot. Les enjeux pour le secteur restent immenses. "La multiplication des grands objectifs inatteignables depuis 2008 se traduit par une forme de lassitude, chez nos clients comme au sein de nos entreprises. Surtout lorsque, faute de tenir la trajectoire attendue (en matière d'économie d'énergie, d'émission de CO2, ...), on transforme ces objectifs en écologie punitive, guère plus efficace au demeurant", souligne toutefois le président de la FFB.

La FFB surveille par ailleurs de près les marges des entreprises. "Elles doivent prendre conscience que les prix des matériaux vont augmenter en 2018, entre 2,5% et jusqu'à 10% environ sur l'acier", confie Jacques Chanut, qui "les exorte à augmenter leurs tarifs".

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