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CITE, PTZ : Emmanuel Macron répare les fissures

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Reçu vendredi 6 octobre 2017 par Jacques Chanut, président de la FFB lors des 24 heures du bâtiment, Emmanuel Macron a annoncé un maintien pendant deux ans du prêt à taux zéro dans les zones les moins tendues (B2 et C). Il envisage par ailleurs une modification moins brutale du CITE.

CITE, PTZ : Emmanuel Macron répare les fissures

Tentative de sauvetage réussi ? C'était en tout cas l'objectif de la venue d'Emmanuel Macron aux 24 heures du bâtiment, événement organisé par la Fédération française du bâtiment (FFB) vendredi 6 octobre 2017. Le président de la République est arrivé tel un pompier pour éteindre l'incendie provoqué par le budget 2018, qui prévoit un recadrage du prêt à taux zéro dans l'ancien, sur les opérations d'acquisition dans les zones qui ne sont pas marquées par un déséquilibre entre l'offre et la demande de logements, et pour les constructions neuves, dans les zones où les besoins en logements sont les plus importants, ainsi qu'un recentrage du crédit d'impôt pour la transition énergétique, et le passage d'un taux de 30 à 15 % au 27 septembre 2017.

Pour rassurer les artisans, Emmanuel Macron a annoncé que le prêt à taux zéro (PTZ) dans le neuf sera finalement maintenu pendant deux ans dans les zones B2 et C -autrement dit les territoires les moins tendus en matière de logement- à un taux abaissé de 20% (au lieu de 40%).

"Vous représentez des dizaines de milliers de professionnels dont on a besoin pour créer de l'activité économique (...). Le gouvernement met le PTZ dans les endroits où il y a besoin de construire beaucoup de neuf. Dans les zones rurales et périphériques, il axe ses efforts sur la réhabilitation et la rénovation. Mais je vous ai entendu, et j'ai aussi entendu les maires ruraux qui nous ont alertés sur le fait que ça pouvait chez eux freiner l'activité, s'est-il défendu. Je demande au gouvernement que sur le PTZ en zones B2 et C, on puisse ouvrir une concertation avec vous la semaine prochaine pour ne pas créer de rupture, et accompagner la philosophie souhaitée et montrer aux territoires ruraux que la construction est importante chez eux".

Pour porter l'activité de rénovation dans les centres-bourgs et les villes moyennes, le gouvernement prévoit par ailleurs de lancer, sous l'égide de Jacques Mézard, ministre de la Cohésion des territoires, un plan de revitalisation de ces régions pour l'artisanat et le commerce de proximité.

Des discussions réouvertes pour le CITE

Le président de la République est par ailleurs revenu sur la réforme du CITE. L'objectif du gouvernement est de recentrer le crédit d'impôt sur les équipements les plus performants, et d'être plus exigeant pour éviter le détournement de l'outil, qui peut servir à "installer des portes blindées", selon lui.

Emmanuel Macron a donc appelé à "un accompagnement en sifflet" pour "qu'il n'y ait pas une rupture brutale sur les portes et fenêtres", qui doivent sortir du dispositif CITE d'ici fin mars.

Une mesure dont se satisfait la FFB. "Le président de la République a réouvert la négociation sur le sujet sensible de l'éligibilité des fenêtres et des chaudières performantes au fioul", s'est félicitée la fédération dans un communiqué de presse lundi 9 octobre 2017. Jacques Chanut, président de la FFB, a par ailleurs annoncé que le taux de crédit du CITE serait maintenu à 30% jusqu'au 31 décembre 2017. "Le président me l'a dit lors de nos échanges", a-t-il confié lors d'un point presse vendredi 6 octobre 2017.

Mesurer l'impact des réformes

Pour montrer qu'il était là pour tout, sauf pour mettre le feu aux poudres, le chef de l'État s'est par ailleurs engagé à "créer des clauses de rendez-vous chaque année où on évalue". Il a par ailleurs annoncé la simplification de certaines normes et réglementation (sismiques et accessibilité notamment), jugées trop lourdes.

"Les normes sismiques représentent 12% du surcôut. Concernant la réglementation accessibilité, on a créé un système où on met de la norme à 100% pour tout le monde. Donc ça crée un surcoût partout. Ce qu'on souhaite c'est avoir 100% de logements adaptables par des travaux de déplacement de cloisons, et qui baisse massivement le coût de construction des logements", a soutenu Emmanuel Macron.

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