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La Fédération nationale du bois veut un plan d'urgence pour freiner l'exportation de chêne brut

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Menacée par l'exportation croissante de chêne brut vers la Chine, la fédération nationale du bois demande au président de la République de prendre des mesures d'urgence pour favoriser le marché national et rééquilibrer l'approvisionnement des scieries françaises.

La Fédération nationale du bois veut un plan d'urgence pour freiner l'exportation de chêne brut

25 à 30% du chêne récolté en France part à l'étranger dans les pays asiatiques, notamment pour y être transformé. Un constat qui agace et qui inquiète la Fédération nationale du bois. De 2007 à 2017, les exportations de grumes de chênes français ont été multipliées par 10, passant de 50 000 m3 à 500 000 m3, selon les chiffres publiés par la FNB mardi 6 février 2018. Un manque de bois à transformer qui handicapent lourdement les scieries françaises. Les volumes de chêne brut disponibles ont été divisés par près de deux en dix ans, passant de 2,45 millions de m3 en 2007 à 1,25 million de m3 en 2017.

"Les scieries chêne fonctionnent à 60% de leurs capacités par manque de matière première. Certaines sont déjà au chômage technique ou en horaires réduits, constate Samuel Deschaumes, président de Centre bois massif, une entreprise qui produit du parquet 100% français. On ne parle pas de crise sur du moyen ou du long terme, mais sur du très court-terme. Dans quelques mois, trois pour certaines, six pour d'autres, nous n'aurons plus de bois pour alimenter et faire tourner nos scieries".

Miser sur le bois Made in France

Philippe Siat, le président de la Fédération nationale du bois qui rassemble 1750 entreprises, somme donc le gouvernement d'agir rapidement, et de s'inspirer de pays étrangers comme l'Allemagne, la Croatie, la Bulgarie, la Hongrie, la Russie, qui ont déjà mis en place des mesures pour limiter voire interdire l'exportation du bois.

Pour sauvegarder la filière et les emplois sur le territoire (plus de 100 000), la FNB demande au président de la République d'adopter six mesures d'urgence:

- l'adhésion générale des opérateurs de la forêt à un Label "Transformation UE3" révisé et fiabilisé. Ce label promeut la transformation du bois brut français à l'intérieur des frontières de l'Europe.

- la mise en place de quotas d'exportation par essence et qualité.

- la création d'un registre des exportateurs par essence et d'une traçabilité des bois.

- la mise en place d'une traçabilité phytosanitaire et d'un système de redevance fiable, robuste et favorisant l'exportation de produits à valeur ajoutée.

- le conditionnement des aides économiques à la forêt sur la base soit d'une contractualisation qui donne de la visibilité aux industriels, soit de la valorisation effective en France du bois issu de nos forêts (via l'adhésion au Label "Transformation UE").

- la mise en place d'un médiateur des relations commerciales du bois, à l'image du secteur agricole.

Objectif de ces dispositifs? Limiter les fraudes à l'exportation de grumes, rééquilibrer l'approvisionnement des scieries françaises et favoriser l'exportation des produits transformés à base de bois Made in France.

L'organisation professionnelle demande par ailleurs la mise en place de mesures structurelles, d'ici à10 ans, pour muscler les entreprises de la filière. La FNB souhaite ainsi relocaliser et développer une industrie du bois française respectueuse de l'environnement, engager une politique massive de replantation avec des choix clairs en faveur de la valorisation des forêts françaises, et faciliter le financement du développement de la filière de transformation française.

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