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Grand Paris : une opportunité à plusieurs milliards d'euros pour les PME

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Dans le cadre des travaux du Grand Paris, la CCI Paris Ile-de-France a lancé en 2016 la plateforme CCI Business Grand Paris. Elle met en lien les donneurs d'ordres et les entreprises, notamment des PME. Une opportunité pour accroître leur visibilité et de booster leur développement.

Les maîtres d'ouvrages et les fédérations partenaires de CCI Business Grand Paris réunies autour du président de la CCI Paris Ile-de-France, Didier Kling(au centre), lundi 13 mars 2017, à Paris.

© Guy Bréhinier-CCI Paris Ile-de-France

Les maîtres d'ouvrages et les fédérations partenaires de CCI Business Grand Paris réunies autour du président de la CCI Paris Ile-de-France, Didier Kling(au centre), lundi 13 mars 2017, à Paris.

Plus de 100 milliards d'euros d'investissement à l'horizon 2030. C'est le marché pharaonique que renferme le projet d'aménagement de la métropole du Grand Paris. Du réseau de transport, Grand Paris Express, au développement d'une offre de près d'1,5 million de logements supplémentaires, les défis sont immenses. Face à cet ambitieux programme de développement d'infrastructures, le Grand Paris a prévu que 20 % des appels d'offres soient réservés aux petites et moyennes entreprises. Les TPE et PME ont donc un intérêt certain à vouloir profiter de cette manne de plusieurs milliards d'euros.

La CCI Paris Ile-de-France l'a bien compris et diffuse, depuis 2016, une information lisible et détaillée des marchés publics accessibles aux TPE, PME et ETI, à travers la plateforme CCI Business Grand Paris. Un outil qui lui permet d'accompagner et de faciliter les rencontres entre ces entreprises ancrées dans le territoire et les donneurs d'ordres.

À l'occasion du premier anniversaire de la plateforme, Didier Kling, président de la CCI Paris Ile-de-France, a salué le bilan de ce dispositif, lundi 13 mars 2017. "Il a fallu faire en sorte que les TPE et PME accèdent aux marchés publics du Grand Paris. Aujourd'hui, ce sont près de 700 entreprises qui se sont inscrites sur la plateforme", annonce-t-il. Principalement issues des secteurs de la construction, de l'énergie et des télécoms, elles bénéficient d'un accompagnement particulier pour répondre aux appels d'offres et ainsi se positionner auprès des maîtres d'ouvrage.

"Cette plateforme nous a permis de nous faire entendre et de montrer aux maîtres d'ouvrage que les PME existent et qu'elles peuvent répondre à leur demande", explique Jean-Marc Médio, président de la société de travaux publics Parenge. Même satisfaction du côté d'Emmanuel Pain, directeur de la société Urban TP, qui évoque l'intérêt de se positionner sur de tels contrats. "Nous sommes implantés sur de petits marchés du Grand Paris mais c'est très important pour le développement de notre entreprise", avoue-t-il.

De la clarté au service de la croissance

Un meilleur accès à l'information et une visibilité accrue des investissements portés par les maîtres d'ouvrage permettent donc aux petites entreprises de se saisir plus rapidement de la commande publique. "L'information est le plus important, rappelle Emmanuel Pain. Nous avons besoin de connaître les interlocuteurs et les intervenants lors des appels d'offres".

Un besoin qui s'ajoute à la situation des petites entreprises sur le terrain. "Cette plateforme est une aide majeure pour les PME qui n'ont ni les ressources pour dénicher les marchés publics, ni le temps pour répondre aux appels d'offres", précise-t-il. Kevin Louinis, directeur d'Arting, société de consultants en ingénierie, évoque pour sa part, "un gain de temps significatif. La chaîne de décisions est réduite, on gagne en agilité et on se concentre sur ce que nous savons faire".

Quoi qu'il en soit, la finalité pour ces petites entreprises réside dans l'opportunité d'accéder plus simplement à la commande publique du Grand Paris et dans l'assurance de disposer de carnets de commandes remplis.

Pour l'entreprise Parenge, basée à Anthony (Hauts-de-Seine) qui a décroché un appel d'offres avec la RATP, le marché correspond à douze mois de travail, selon son président Jean-Marc Médio. "C'est une garantie pour notre activité d'avoir du travail pour une longue période. C'est significatif", précise-t-il. Un constat partagé par Dora Gameiro, directrice commerciale d'Axyon, société d'ingénierie basée à Lognes (Seine-et-Marne). "Outre le meilleur référencement de l'entreprise auprès des donneurs d'ordres, nous avons également une visibilité de travail comprise entre trois à six mois sur les premiers marchés du Grand Paris", explique-t-elle.

Une relation privilégiée pour les donneurs d'ordres

La mise en relation entre les maîtres d'ouvrage et les entreprises, facilitée par la plateforme, est également vue positivement par les donneurs d'ordres et tous reconnaissent l'importance d'améliorer l'information autour de la commande publique.

Pierre-Denis Coux, directeur des investissements pour SNCF Réseau reconnaît qu'"il faut donner de la visibilité, informer en amont les entreprises et dédramatiser les appels d'offres", tout en rappelant que la SNCF attribue déjà 27 % de ses marchés publics à des PME.

Par ailleurs, un des objectifs de la plateforme vise à combler les craintes qui peuvent exister entre les grandes entreprises et les plus petites. Alors que Jean-Marc Médio rappelait, en ouverture de son propos, qu'"il ne fallait pas confondre sous-traitance et maltraitance", l'entrepreneur se positionne pour un affranchissement du statut de sous-traitant afin de tendre vers celui de cotraitant. "Notre souhait est d'aller vers davantage de cotraitance, mais ça reste compliqué parce que les lots sont très gros et qu'il est difficile de les diviser", explique-t-il. "On demande simplement que la sous-traitance ne soit pas négative pour nous. On espère être entendu".

Régis Boigegrain, directeur régional RTE Ile-de-France Normandie, est davantage favorable à la sous-traitance, pointant les questions de sécurité et la complexité des process. "Nous sommes sur des chantiers très techniques, notamment dans l'électricité, la cotraitance suppose des efforts de qualification exigeants".

Toutefois, il plaide pour un développement des échanges avec les PME. S'il considère qu' "elles ne doivent pas [les] voir comme des donneurs d'ordres inaccessibles malgré les procédures lourdes et rebutantes", Régis Boigegrain indique qu'il est intéressant de travailler avec des petites entreprises, notamment pour des marchés ponctuels complémentaires. "Les PME ont un ancrage local et connaissent le terrain, on a tout intérêt à s'appuyer sur elles", explique-t-il.

Une collaboration que l'entreprise publique a encouragée, en 2016, en se rapprochant d'"une cinquantaine d'entreprises" au travers d'un appel à manifestation d'intérêt. Cinq sont prévus en 2017 pour accroître cette relation entre RTE et les PME.

Aborder l'innovation

Les donneurs d'ordres profitent également de la possibilité d'élargir leur sourcing en dénichant de nouvelles entreprises spécialisées dans l'innovation et le numérique. Si la modélisation BIM (Building Information Modeling) sera l'un des principaux enjeux pour les entreprises de la construction dans les années à venir, d'autres services innovants peuvent répondre aux besoins des donneurs d'ordres. Tel est le cas de la start-up Braineet, une plateforme qui rassemble les idées et remarques des consommateurs au service des grandes entreprises.

Déjà utilisée par la SNCF ou Vinci, l'application veut devenir un acteur de liaison entre les futurs utilisateurs des infrastructures du Grand Paris et les donneurs d'ordres. Maximilien Costet, responsable grands comptes pour Braineet souhaite, en effet, "donner la parole à tout le monde" afin de "pouvoir accompagner les donneurs d'ordres et les entreprises pour co-créer des lieux de vie".
L'idée est ainsi de rapprocher les grands opérateurs des utilisateurs par l'intermédiaire de ces nouveaux acteurs. Une source de compétences indéniable pour les donneurs d'ordres à l'heure du développement de la ville intelligente.

"L'enjeu du Grand Paris est que les investissements soient au bénéfice du territoire mais également des entreprises", a martelé Thomas Degos, directeur général des services de la métropole du Grand Paris. Un objectif aujourd'hui en tête de toutes les parties prenantes au projet.


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