Mon compte Devenir membre Newsletters

L'activité dans le bâtiment devrait s'améliorer nettement en 2017

Publié le par

Après une année 2016 meilleure que prévue, le secteur du bâtiment projette de réaliser 3,4 % de croissance en 2017, selon la Fédération française du bâtiment (FFB). Un chiffre en hausse qui cache cependant une atonie pour les métiers de l'amélioration-entretien.

L'activité dans le bâtiment devrait s'améliorer nettement en 2017

Le bâtiment va mieux ! C'est l'un des principaux enseignements que tire le président de la Fédération française du bâtiment (FFB), Jacques Chanut, sur la situation conjoncturelle du bâtiment pour l'année 2016. Un constat qui permet également à la Fédération de montrer son optimisme pour l'année 2017.

"L'année 2016 montre que la reprise de l'activité a été bien meilleure que prévue. La croissance sera de l'ordre de 1,9 %", a estimé Jacques Chanut, mercredi 14 décembre 2016, alors qu'initialement, la FFB prévoyait une augmentation de l'activité de 0,9 %. Une année positive que les experts économiques de la FFB expliquent notamment par la vitalité de la construction neuve ainsi que par "l'arrêt de l'effondrement de tout ce qui n'est pas non résidentiel neuf".

Dans le détail, le logement neuf se montre dynamique avec près de 380 000 mises en chantier sur l'année 2016. La part de vente de logement, comprise entre 15 % et 20 %, et soutenue par le contexte macroéconomique favorable - faible taux des crédits, prêt à taux zéro (PTZ) et dispositif Pinel - renforce cette tendance. Le non résidentiel neuf participe, de plus, (+6,2 %) à la croissance de l'activité générale.

Jacques Chanut (au centre) présente les prévisions 2017 pour le bâtiment

Côté prévision, l'année 2017 s'annonce encore meilleure. Avec 3,4 % de croissance, la FFB fait part de sa satisfaction, et ce malgré la chute de l'activité sur le long terme (-21 % entre 2007 et 2015). Principal moteur de la croissance attendue l'année prochaine, la construction neuve, dans son ensemble, devrait croître de 7 %.

En revanche, si le secteur de l'amélioration-entretien a continué de souffrir en 2016, la tendance ne devrait être que légèrement meilleure en 2017. Avec +0,5 % sur l'année 2016, la Fédération considère le marché comme "décevant malgré les dispositifs publics existants qui sont intéressants". Une augmentation de 0,4 point est attendue par la FFB pour l'année à venir. Jacques Chanut déplore, malgré tout, "une accélération modeste, après l'atonie de 2016".

D'une manière générale, le bâtiment s'est redressé et devrait profiter de cette tendance positive. Le chiffre d'affaires global s'établit pour 2016 à près de 133 milliards d'euros, équivalent à celui de la période 2013-2014.

2017 : une année à enjeux

"La destruction d'emplois s'arrête et 2017 sera créatrice d'emploi", a jugé Jacques Chanut. Si l'emploi salarié a encore souffert en 2016 avec près de 10 000 suppressions de postes - compensée par une hausse équivalente de l'intérim -, l'année à venir permettra la création de près de 10 000 nouveaux emplois, dont 6 000 salariés, selon les estimations.

Malgré le retournement de la situation de l'emploi, l'année 2017 s'avère être celle de tous les enjeux. La perspective de l'élection présidentielle française et le contexte macroéconomique - l'élection de Trump et le Brexit notamment ainsi que la remontée du coût du pétrole - laissent apercevoir certains risques.

La FFB note, en effet, que la baisse estimée du pouvoir d'achat des ménages, de 1,6 % en 2016 à 1,2 % en 2017, ainsi que la hausse des prix de l'énergie peuvent limiter les investissements des ménages.

D'autre part, malgré la prorogation pour 2017 du PTZ, du dispositif Pinel ou du CITE, un risque plane sur la construction de logements sociaux avec la possible suppression de l'exonération de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) pour le secteur social, qui représente plus de 25 % du parc.

Sur le plus long terme, et en fonction du résultat de l'élection présidentielle, la suppression des aides publiques au logement dès 2018 pourrait présenter une incertitude pour le secteur, tout comme la remontée des taux d'intérêts réels, dans les prochaines années.


)