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La reprise se confirme sous l'effet de la construction neuve

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À la fin mars 2017, l'activité du bâtiment se confirme sous l'impulsion de la construction neuve, selon la Fédération française du bâtiment. Si l'amélioration-entretien, encore en retrait, reste le parent pauvre du secteur, l'échéance électorale inquiète les professionnels du bâtiment.

La reprise se confirme sous l'effet de la construction neuve

Le secteur du bâtiment va mieux ! C'est en substance le message qu'a souhaité faire passer Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment (FFB), lors d'une conférence de presse portant sur la conjoncture du secteur, mercredi 29 mars 2017. La FFB confirme ses prévisions de croissance de l'activité, publiée en décembre 2016.

Avec une croissance de 3,4 % espérée cette année, le secteur du bâtiment profite de la très bonne dynamique de la construction neuve. "C'est le neuf qui tire l'activité vers le haut grâce au +15,5 % d'autorisations délivrées et les + 8,5 % de mises en chantier", précise Jacques Chanut.

Néanmoins, la FFB tient à rappeler que la bonne santé de la construction neuve n'est pas homogène. Elle est en effet très concentrée sur certains points du territoire comme le constate Jacques Chanut : "80 % des mises en chantier sont le fait des 20 % des communes qui construisent le plus. Ce constat est très marqué au niveau des grandes villes et des métropoles, au détriment des zones rurales".

Par ailleurs, le président de la FFB a salué le "rebond de l'emploi" dans le bâtiment. S'il note une baisse de l'emploi salarié de 9 700 postes, fin 2016 sur un an, les emplois en intérim viennent compenser ce retrait des contrats.

Mieux, les premiers chiffres et prévisions des analystes anticipent une dynamique positive, soutenue par l'augmentation des embauches (+7,1%) en 2016. "Il y a une lente et régulière progression des déclarations d'embauche, explique Jacques Chanut. Aujourd'hui, les CDD et CDI repartent à la hausse et expliquent ce rebond. À l'inverse, les CDD de moins d'un mois diminuent, ce qui est un signe de confiance en l'avenir".

La rénovation en difficulté

Toutefois, ces bons chiffres ne traduisent pas une reprise partout et notamment concernant l'amélioration-entretien. L'activité de rénovation demeure atone avec seulement une hausse de 0,9 % attendue en 2017 par rapport à 2016.

L'organisation professionnelle justifie cette difficulté par deux raisons : la faible évolution des prix de marché (+0,7 % en 2016) et la chute des travaux avant relocation des logements privés. "C'est un véritable sujet d'interrogation alors que des dispositifs de soutien existent et que la rapide reprise des transactions dans l'ancien depuis la fin 2014 laissaient espérer mieux", écrit la FFB.

Pour pallier cette problématique, l'organisation juge nécessaire de "recalibrer et d'amplifier les dispositifs d'incitation existants". Un appel à travailler avec les pouvoirs publics que la FFB lance, alors que l'élection présidentielle se profile le mois prochain.

Attentes autour de l'élection présidentielle

Malgré une tendance générale positive, les professionnels du bâtiment relèvent que l'environnement institutionnel est une des clés à la poursuite de cette dynamique. Deux risques majeurs sont en effet pointés.

La remontée des taux d'intérêts, d'abord, qui doit être surveillée même si elle n'est, aujourd'hui, pas répercutée sur les particuliers. La perspective d'une éventuelle sortie de l'euro proposée par certains candidats accentuerait grandement le risque de voir l'activité dans le bâtiment refluer, d'après la Fédération. "La sortie de l'euro est un risque immense aux conditions immédiates", a martelé Jacques Chanut.

Ensuite, l'élection présidentielle et le prochain président de la république sont attendus au tournant par le secteur. Si la FFB déplore que le logement ne soit que trop peu présent dans la campagne présidentielle, elle note que tous les candidats ont renoncé à proposer un objectif chiffré global, alors que les besoins en logement sont fonction de chaque territoire.

Enfin, Jacques Chanut a insisté pour que le prochain gouvernement prolonge l'effort de simplification à destination des entreprises face aux démarches administratives et aux normes complexes. Souhaitant également que le budget du logement ne fasse pas l'objet de coupes alors qu'il représente 42 milliards d'euros aujourd'hui, la Fédération continue à demander que de nouveaux efforts soient réalisés pour encourager la rénovation énergétique.

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