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[Étude de cas] Séverine Jean tient l'artisanat à carreau

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Carreleuse, Séverine Jean profite de la renommée acquise après son titre de MOF pour partager et transmettre son amour du métier. Une ambition et un parcours exemplaire qui lui ont valu de devenir en 2017 la 'star' de la campagne de promotion pour l'artisanat.

[Étude de cas] Séverine Jean tient l'artisanat à carreau

© DR

"Plus on incitera les jeunes à choisir l'artisanat, moins il y en aura sur le carreau". Inscrite sur une des affiches de la dernière campagne initiée par le Fonds national de promotion et de communication de l'Artisanat (FNPCA) entre juillet et septembre 2017, cette phrase résume l'engagement de Séverine Jean, qui tient la pose dans son rôle d'ambassadrice. Carreleuse depuis 2011, elle s'épanouit de ce statut. Campagne de communication et démarche de transmission deviennent alors un carreau supplémentaire dans sa mosaïque professionnelle. "C'est quelque chose dont je suis très fière et je le fais avec coeur", fait-elle savoir. "L'idée est d'attirer les jeunes vers l'artisanat en leur montrant que ce sont des métiers d'avenir".

Pourtant, rien ne la destinait à devenir carreleuse. Ancienne démonteuse dans une casse automobile, Séverine Jean est tombée sous le charme du métier tardivement. "À 30 ans, je recherchais un métier physique et endurant, qui me rapproche de ce que j'avais fait auparavant. En voyant travailler un carreleur, j'ai eu le coup de foudre... pour le métier", tient-elle à préciser en souriant. Après une formation en 2007, elle découvre un métier physique, qu'elle juge "infiniment captivant". "Travailler au plus près du tâcheron a été l'occasion de me challenger pour voir si j'avais vraiment les capacités de le faire", explique-t-elle.

Une expérience de quatre ans qui la porte alors vers un défi plus personnel. Sportive aguerrie, il ne lui manque que la compétition. L'occasion de concourir pour le titre de Meilleur ouvrier de France. C'est en 2011, et Séverine Jean décroche le titre. Quelques semaines après, elle se met à son compte.

Un double challenge pour la Drômoise qui profite alors de retombées médiatiques et lui permet rapidement d'afficher un carnet de commande plein pour l'année. Aujourd'hui, l'entrepreneure bénéficie toujours d'un planning rempli sur plus de douze mois. "Ce qui m'arrive est surprenant, estime Séverine Jean. Je suis déjà en train de prévoir mes chantiers pour 2019". Un succès qu'elle doit avant tout à la réputation acquise au gré des chantiers.

Former à son tour

Si, en 2011, c'est sur une rosace qu'elle s'illustre auprès de ses pairs, Séverine Jean assure ne faire que peu de décors. "Le haut de gamme reste plutôt marginal. Je travaille davantage sur des ouvrages classiques : sols, murs, chapes, comme les carreleurs hommes", explique-t-elle. L'occasion aussi de battre en brèche les difficultés à être une femme dans cet univers. "Ça ne m'a jamais effrayé, poursuit-elle. Ce sont plus mes collègues masculins qui sont inquiets, et ont une part d'appréhension".

Séverine Jean n'a pour autant pas dit son dernier mot et poursuit le rêve de transmettre à son tour en devenant formatrice à l'Afpa. Un moyen de rester fidèle à son engagement.


Repères :

Raison sociale : SARL
Activité : Carreleuse
Ville : Saint-Marcel-Lès-Valence (Drôme)
Date de création : 2011
Gérante : Séverine Jean, 41 ans
Effectif : 0 personne
CA 2017 : NC


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