BTP : des premiers signes de reprise pour 2015

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BTP : des premiers signes de reprise pour 2015

Malgré une activité qui devrait continuer à baisser modérément en 2015, la Fédération Française du Bâtiment voit des raisons d'espérer.

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Les bétonnières tourneront moins en 2015 qu'en 2014. C'est du moins ce que laissent penser les chiffres sur la conjoncture et l'emploi dans le bâtiment révélés par la Fédération Française du Bâtiment (FFB), mercredi 25 mars 2015. L'organisme prévoit une baisse d'activité de 1,5 % cette année (- 5,8 % sur le segment du neuf résidentiel et non résidentiel et + 1,7 % sur celui de l'amélioration-entretien) ainsi que la perte de 30 000 équivalent-emplois à temps plein. Pour 2014, cette baisse globale s'établissait à 4,3 %. "Les premiers signes d'un retournement pointent à l'horizon", assure Jacques Chanut, président de la FFB, qui voit notamment deux raisons d'espérer.

La première est que la Fédération prévoit la construction de 360 000 logements, en particulier grâce au plan de relance du gouvernement annoncé à l'été 2014 et qu'elle regarde d'un oeil favorable. "Dans le segment du logement neuf, depuis fin 2014, la progression des ventes se révèle porteuse d'espoir pour l'activité", estime en effet le président.

La FFB mise par ailleurs, "dans une vision volontairement optimiste", sur le fait que le CITE (crédit d'impôt pour la transition énergétique) booste les particuliers pour faire rénover leur logement.

Contre la fiche pénibilité

Pour favoriser le retour à la croissance, la FFB attend des solutions de la part des pouvoirs publics. Elle souhaite la suppression de la fiche pénibilité, à remplir par les dirigeants d'entreprise pour évaluer les risques potentiels auxquels leurs salariés sont évalués. "Comment déterminer dans un métier aussi peu répétitif que le nôtre, ce que font nos compagnons minute par minute, et savoir à quelles nuisances ils sont, en pratique, exposés ", gronde Jacques Chanut. Au-delà de la suppression de la fiche ("la seule simplification possible"), la FFB propose la mise en place d'un suivi médical individualisé par un ou plusieurs médecins, plus efficace selon elle pour évaluer l'état de santé d'un collaborateur.

Parmi les solutions attendues, la FFB préconise également "un nouvel allongement des différés de remboursement du PTZ+ pour les ménages modestes" pour favoriser la primo-accession et relancer la construction de logements. Enfin, elle appelle de ses voeux "une politique mesurée et stable d'incitation, avec des outils clairs et durables" pour favoriser les travaux d'économie d'énergie.

La position de la FFB sur le RSI

Interrogé sur le RSI, Jacques Chanut, président de la FFB, a souligné la responsabilité de la gouvernance actuelle du RSI de ne pas avoir alerté sur les dysfonctionnements informatiques à la source des problèmes rencontrés par les adhérents, et pointe un "déni de réalité", amplifiant, selon lui, les récents mouvements de révolte à l'égard du régime. Il affirme que le problème principal n'est pas le montant des cotisations : "Demandez à un chef d'entreprise s'il paie trop de charges, la réponse sera toujours oui". Ainsi, le président souhaite un changement de gouvernance afin d'inverser la logique du régime : que les artisans aient le sentiment que la caisse est à leur service, et non l'inverse. Fin février, le RSI s'est exprimé sur le sujet, en soulignant les améliorations apportées depuis 2013 et en rappelant les évolutions du régime et notamment du mode de perception des cotisations prévues pour 2015.

A lire aussi :

- Les prévisions - moins optimistes - de la Capeb pour 2015

- Les mesures choc du gouvernement pour relancer le bâtiment

- Le bilan 2014 de la FFB sur le secteur du bâtiment

Amélie Moynot

Amélie Moynot

Journaliste

Journaliste depuis 2009, j’ai rejoint la rédaction de Commerce Magazine, Artisans Mag’ et Chefdentreprise.com en 2015. Mes domaines de prédilection : [...]...

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