Crise: la cote d'alerte est atteinte pour la Capeb

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Crise: la cote d'alerte est atteinte pour la Capeb

Avec une chute de 3% de l'activité au premier trimestre 2013 et aucune amélioration en vue, la Capeb tire la sonnette d'alarme. Elle a confié ne rien vouloir lâcher sur le régime de l'auto-entrepreneur et la TVA à taux réduit pour la rénovation des logements existants.

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Une mauvaise nouvelle n'arrive jamais seule. Après avoir enregistré des pertes records en 2012, la Cabep a annoncé le 23 avril un nouveau bilan d'activité négatif. La dégringolade, qui dure depuis un an, s'accélère donc. Au premier trimestre 2013, le secteur de l'artisanat du bâtiment a enregistré unebaisse de son activité de 3 %, soit un recul de 2,3 millions d'euros de chiffre d'affaires (repli de 6 % dans le neuf et de 1,5 % dans l'entretien-amélioration). 10 000 emplois ont été détruits l'année passée, soit plus de 800 par mois, et 40 000 sont menacés d'ici fin 2014.

À cela s'ajoute l'augmentation des besoins de trésorerie. De 10 000 euros, ils passent à 22 000 euros. Des besoins qui sont à mettre en lien avec les délais de paiements des clients. 15 % des dirigeants déclarent un allongement des délais de paiements de leurs clients : 21 jours pour des travaux de 5 000 euros, 4 à 5 semaines pour des montants compris entre 5 000 et 10 000 euros et 2 mois, voire plus pour des travaux supérieurs à 10 000 euros.

La colère monte

A cette série de chiffres noirs s'ajoutent d'autres points de crispation. Le régime de l'auto-entrepreneur continue de créer des tensions. Les annonces de Sylvia Pinel mi-avril n'ont pas réconforté les professionnels. Loin de là. Au 3e trimestre, la Capeb a comptabilisé l'existence de118 000 auto-entrepreneurs dans le secteur du bâtiment, soit unehausse de 15 %par rapport à 2012. Un peu moins d'un auto-entrepreneur sur deux (57 000) a déclaré un chiffre d'affaires et gagne en moyenne 1655 euros par mois. "Il est écrit noir sur blanc dans le rapport que ces entreprises ne génèrent pas de chiffre d'affaires et créent une concurrence déloyale. L'Inspection générale des finances reconnaît donc qu'il y a un problème et le contourne en décidant de ne pas exclure le bâtiment de ce statut", s'agace Patrick Liébus.

L'organisation professionnelle ne baisse toutefois pas les bras. Patrick Liébus a adressé au gouvernement différentes propositions pour limiter l'entrée de ce régime dans le bâtiment. La Capeb réclame une vérification des diplômes, des savoir-faire et des compétences, mais également l'obligation de fournir des assurances décennales et de responsabilité civile professionnelle. Elle réitère par ailleurs sa demande de TVA à 5% dans le secteur de la réhabilitation, l'entretien et de la rénovation des logements existants. "Nous souhaitons des réponses maintenant pour répondre à l'urgence de la situation. Les groupes de travail du gouvernement ne doivent pas reporter les décisions tous les trois mois", poursuit Patrick Liébus. "La promenade, ça n'est pas mon truc", insiste-t-il.

Mallory Lalanne

Mallory Lalanne

Chef de service

Après avoir enregistré différentes expériences en presse généraliste, télévision et radio, j’ai décidé de rejoindre en 2010 l’univers de la presse professionnelle. [...]...

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