En ce moment En ce moment

Jacques Chanut: "Les premiers signes de la reprise viendront du bâtiment"

Publié par le - mis à jour à
Jacques Chanut: 'Les premiers signes de la reprise viendront du bâtiment'
© Ph. Bauduin

Président de la FFB depuis le 13 juin 2014, Jacques Chanut est fier d'appartenir à l'univers du bâtiment. Investi dans la défense du secteur depuis 2003, il entend mener sa mission avec passion et détermination. Il nous livre ses craintes et les projets qu'il entend défendre becs et ongles.

  • Imprimer

À 49 ans, Jacques Chanut a déjà présidé la Fédération du bâtiment et des travaux publics de l'Isère de 2003 à 2009, la commission économie de la FFB de 2008 à 2011, et la Fédération du bâtiment Rhône-Alpes depuis mai 2009. Son implication, son esprit positif et sa capacité d'écoute ont séduit la profession. Seul candidat à la succession de Didier Ridoret à la tête de la Fédération française du bâtiment (FFB), Jacques Chanut entend mener une stratégie combative, riche en propositions, et porter, à lui seul, les revendications de plus de 42 000 dirigeants de petites entreprises artisanales.

Artisans Mag' : Vous venez de prendre vos fonctions à la tête de la FFB. Dans quel état d'esprit êtes-vous ?

Jacques Chanut : Je suis serein. Ma nouvel le fonction de président de la FFB s'inscrit dans la continuité de mes précédentes missions. Je ne découvre pas les dossiers, dans la mesure où j'occupe depuis plusieurs années une fonction dans l'exécutif. Avec Didier Ridoret, j'ai rencontré, fin avril et début mai, le ministre du Travail, François Rebsamen, et Sylvia Pinel, la nouvelle ministre du Logement et de l'Égalité des Territoires, qui hérite du dossier majeur du logement.

Ne craignez-vous pas que le remaniement ministériel remette en cause toutes les actions et les discussions engagées jusqu'à présent ?

Si j'avais la conviction que la situation n'avancerait pas rapidement, je n'aurais pas pris mes nouvelles fonctions. Nous sommes dans une logique de bons sens. Si les hommes et femmes politiques manquent parfois de courage, ils sont conscients que la reprise économique viendra du bâtiment, le premier employeur de France. Il faut cependant être tolérant avec les nouveaux ministres, et leur laisser le temps d'apprivoiser les dossiers. Le remaniement ne doit toutefois pas ralentir les processus de décision ou reporter les actions en 2015 ou 2016, car il y a urgence.

Quels sont les dossiers prioritaires ?

Il y en a un majeur. Il s'agit de relancer l'emploi par la construction de logements neufs et la rénovation énergétique des bâtis. Dans le neuf, il faut construire plus pour réguler le marché de l'immobilier et redonner toute leur place aux primo-accédants. Ils ont seulement été 37 0000 en 2013 contre 100 000 souhaités par le gouvernement. Parallèlement, quelques 330 000 logements ont été construits en 2013, soit bien moins que le demi-million visé par le gouvernement. La route est encore longue. La demande est pourtant présente, mais il manque les outils. Les Français, souvent des jeunes, souhaitent acquérir un bien et sont freinés financièrement dans leur achat. Il faut donc restaurer leur confiance. Nous préconisons la mise en place d'un système de différé de remboursement de l'apport, qui serait garanti par l'État. Les banques seraient ainsi rassurées et prêteraient plus aux Français qui ne disposent pas d'apport personnel.

Il faut ensuite relancer la rénovation énergétique des logements. Le système actuel est injuste dans la mesure où seuls les propriétaires qui réalisent un bouquet de travaux peuvent bénéficier d'aides financières. Or tous les Français n'ont pas les économies nécessaires pour changer toutes les fenêtres de leur logement. Je préconise donc la mise en place d'un passeport du bâtiment à point, qui retracerait l'évolution des travaux de performance énergétique réalisés et donnerait droit à des aides, dès le changement d'une ou de deux fenêtres. Ce passeport doit être un moyen de s'engager dans la rénovation de son logement, par étapes, tout en bénéficiant d'incitation financière.

La simplification des normes est-elle toujours d'actualité ?

Tout à fait. Nous participons aux groupes de travail mis en place par le gouvernement. L'objectif des 500 000 logements construits ou rénovés par an d'ici à 2017 ne pourra être tenu sans un choc de simplification des exigences réglementaires. Sylvia Pinel et Ségolène Royal, la ministre de l'Écologie et de l'Énergie, semblent avoir bien pris conscience de cette urgence.


Mallory Lalanne

Mallory Lalanne

Chef de service

Après avoir enregistré différentes expériences en presse généraliste, télévision et radio, j’ai décidé de rejoindre en 2010 l’univers de la presse professionnelle. [...]...

Voir la fiche

La rédaction vous recommande

Sur le même sujet