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Bâtiment : quatre pistes pour relancer la croissance

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Bâtiment : quatre pistes pour relancer la croissance

Touché de plein fouet par la crise, le bâtiment se mobilise pour trouver des solutions. Transition énergétique, libération du foncier, accélération de la commande publique... voici les pistes avancées par les experts et les économistes pour relancer la machine.

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Il faut relancer le bâtiment pour retrouver de la croissance. Si les observateurs partagent unanimement ce point de vue, comment faire ? La Fédération française du bâtiment (FFB) a organisé le 20 novembre 2014 le sommet de la construction, qui a réuni des économistes et des experts pour faire émerger des idées nouvelles et des pistes d'action concrètes. "Nous avons besoin de décisions pragmatiques pour construire des logements, des crèches, des hôpitaux, là où les français en ont besoin", clame Jacques Chanut, le président de la FFB.

Une diminution des normes

Un premier levier de croissance consiste à construire moins cher. Comment ? En réexaminant les normes. Supprimer les normes inutiles ou la refonte de certaines permettra à l'évidence une économie sur le coût des constructions. Les chefs d'entreprises pointent du doigt l'inefficacité engendrée par les sur-réferentiels locaux."Un empilement de normes locales imposées par les collectivités locales qui viennent s'ajouter au reste et qui complexifient drastiquement les démarches des artisans du bâtiment, voire les empêche de réaliser des chantiers", s'insurge Franck Cotton, chef d'entreprise et président du Conseil des professions de la FFB. Une problématique qui pourrait être résolue par la mise en place en 2015 d'une "autorité indépendante qui a pour mission de réaliser des études d'impact et de gérer le flux des normes", a précisé Laurent Grandguillaume, député de Côte d'Or. Ce comité sera composé de neuf personnes, dont des entrepreneurs et des experts.

La valeur verte

Selon les experts, la relance doit également passer par une accélération de la transition énergétique. "Son intérêt économique est réel. Les travaux liés à la rénovation thermique des bâtiments semblent colossaux. En période de crise, les immeubles ne sont pas mis aux normes. Leur obsolescence s'est donc accélérée. La mise aux normes du parc représente 30 à 40 ans de travaux", estime Alain Grandjean, fondateur de Carbone 4, cabinet de conseil spécialisé dans la transition écologique. Il préconise par ailleurs la démolition de certains immeubles pour les reconstruire, "même si c'est un geste qui coûte cher". Pour inciter les investisseurs à miser sur la valeur verte, il faut selon lui "trouver des garanties publiques, le retour sur investissement de ces opérations étant assez long. Les acteurs bancaires ont tout intérêt à pousser ces marchés. Cela leur permettrait d'autant plus d'adopter un positionnement éthique et de valoriser leur image".

Jouer sur l'offre

Autre levier à actionner : la relance de l'immobilier. "La libération du foncier est essentielle pour faire baisser les prix. 23% du revenu des Français part dans le logement. C'est beaucoup trop. Il faut donc jouer sur l'offre et non la demande", concède Jacques Attali, économiste et écrivain. Pour développer l'offre de logement et construire davantage, il préconise de redonner le pouvoir sur les permis de construire à l'État. "Une des grandes erreurs de la décentralisation est d'avoir transférer ce pouvoir aux maires", confie-t-il. Une complexification qui n'est pas non plus du goût de Philippe Manière, économiste, et directeur de Footprint Consultants. "Nous assistons non seulement à une gélification globale de la décision publique mais également à une augmentation des dépenses. Il y a trois ans, les aides au logement s'élevaient à 30 milliards d'euros par an. Aujourd'hui, elles correspondent à 42 milliards d'euros. C'est considérable. Il s'agit de la politique publique la plus coûteuse. Or les résultats ne sont pas là puisque nous manquons de logement. Nous ne pouvons donc constater qu'un échec de la politique ", confie-t-il. La solution passe notamment selon Jacques Attali par la suppression des départements.

Réactiver la commande publique

Une dernière solution passerait par la commande publique. Cette dernière représente environ 20% du chiffre d'affaires du bâtiment. Elle relève très majoritairement des collectivités territoriales. "Si elle est restée dynamique jusqu'en 2013, elle s'est estompée en 2014", constate la FFB. Reste à voir si cette tendance se confirme. Certains observateurs craignent toutefois que la réforme territoriale engagée par le gouvernement ne vienne diminuer les investissements des collectivités locales.

Mallory Lalanne

Mallory Lalanne

Chef de service

Après avoir enregistré différentes expériences en presse généraliste, télévision et radio, j’ai décidé de rejoindre en 2010 l’univers de la presse professionnelle. [...]...

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