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Jacques Chanut: "Le bâtiment n'a jamais eu autant de signes de reprise"

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Jacques Chanut: 'Le bâtiment n'a jamais eu autant de signes de reprise'
© jeanchristophemarmara-figarophoto

Pour Jacques Chanut, le président de la FFB, il n'est pas question de changer de stratégie. Il faut relancer la commande publique et libérer les artisans de multiples contraintes comme le RSI et l'auto-entrepreneur.

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Dans le logement neuf, le bilan des sept premiers mois de 2015, rapportés aux mêmes mois de 2014, affiche des reculs de 7,9 % pour les autorisations et 5,8 % pour les mises en chantier. Si la tendance se confirme, l'année en cours se soldera par 334 000 logements commencés contre 355 000 en 2014. Du côté du non-résidentiel neuf, l'orientation ressort moins bonne encore avec -11,8 % et -11,7 % pour les surfaces de plancher autorisées et commencées.

Des chiffres conjoncturels peu glorieux publiés vendredi 18 septembre 2015, qui n'empêchent pas pour autant Jacques Chanut, le président de la Fédération française du bâtiment (FFB), de garder la tête froide.

Le bâtiment voit-il le bout du tunnel ?

Des chiffres montrent comment la situation est complexe. Nous n'avons jamais eu autant de signes de reprise, du côté du marché des logements neufs notamment. Ceci impose aux chefs d'entreprise un grand écart entre, d'une part, son tableau de bord actuel, qui décrit une érosion de sa trésorerie avec un allongement des délais de paiement client, et, d'autre part, l'anticipation de la reprise avec les besoins de trésorerie qu'elle va générer. Si la reprise est trop brutale, nous manquerons de fonds de roulement important pour acquérir les matériaux, et financer les travaux.

Sur quoi misez-vous pour redresser la barre ?

Sur la commande publique qui irrigue tous les territoires. Nous constatons un recul important dû aux cycles électoraux, mais les maires ont désormais pris leurs marques. Les dossiers envisagés sont prêts. Il faut donc les lancer maintenant, en dépit des discours de baisses de dotations des collectivités, qui ne doivent pas signifier l'arrêt de tout investissement.

Le gouvernement vous envoie-t-il des signaux positifs ?

Il faut reconnaître depuis un an les nombreuses annonces, qui ont eu lieu dans le cadre de la relance de l'activité immobilière et du bâtiment. Nous allons commencé à en voir les effets sur les maisons individuelles et les logements collectifs. L'élargissement, annoncé et inscrit au projet de loi de finances pour 2016, du champ des dépenses éligibles au Fonds de compensation pour la TVA aux travaux d'amélioration-entretien des équipements publics -qui signifie que la commune peut récupérer la TVA lors de travaux d'entretiens de son parc immobilier-, est par ailleurs un bon signal.

Ce n'est sans doute pas le cas du report de trois mois de la baisse des cotisations dans le cadre du Pacte de responsabilité?

Cette annonce est une mauvaise blague. D'autant que nos entreprises ressentent directement les effets du CICE. Cela représente 800 euros par emploi. Le dispositif a permis de sauver de nombreuses entreprises de la faillite. Cela a donc pour effet de retarder une meilleure compétitivité des entreprises, et d'émettre des doutes sur la parole et les engagements à venir de l'état. Le gouvernement doit désormais prendre ses responsabilités notamment lorsque son porte-parole, Stéphane Le Foll, déclare que le patronat ne peut pas avoir à la fois le fromage et le dessert.

Les remaniements ministériels vous ont-ils impacté?

Le choix de l'interlocuteur n'est pas le seul problème, c'est la politique qui est menée. J'ai rencontré début septembre Martine Pinville, la secrétaire d'État chargée du Commerce et de l'Artisanat. C'est une femme très pragmatique, qui va dans le concret aussi bien dans sa feuille de route que dans ses propos. Nous avons parlé du RSI, dont le diagnostic est partagé par tous. Nous allons sortir un livre blanc sur le RSI dans quelques jours. Il faut une rupture dans le mode de fonctionnement qui permettrait de redonner toute la crédibilité au régime et arrêter de faire des déclarations de principe.

Nous avons par ailleurs échangé autour du statut de l'auto-entrepreneur que nous combattons toujours. Mais aussi du système des élections des CMA ubuesque qui va éloigner la volonté des artisans de s'investir dans les chambres de métiers et de reconnaître l'utilité de ces instances.

Concernant le compte de pénibilité, il n'y a pour l'instant aucune modification sur le calendrier et la démarche du dispositif. Nous suivons toutefois le dossier de près.

Mallory Lalanne

Mallory Lalanne

Chef de service

Après avoir enregistré différentes expériences en presse généraliste, télévision et radio, j’ai décidé de rejoindre en 2010 l’univers de la presse professionnelle. [...]...

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