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L'éco-construction séduit les artisans, mais la crise persiste

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Les artisans du bâtiment semblent attachés aux mesures du Grenelle de l'environnement, malgré un certain repli de l'activité et des perspectives d'emploi plutôt pessimistes. C'est ce qui ressort de la dernière étude CerFrance/ Ipsos sur “Les artisans du bâtiment et l'éco-construction”.

L'éco-construction séduit les artisans, mais la crise persiste

44 % des entreprises du bâtiment approuvent les mesures prises dans le cadre du Grenelle de l'environnement (35 % en 2011). C’est l’un des principaux constats que l’on peut tirer de l’étude CerFrance/ Ipsos sur “Les artisans du bâtiment et l'éco-construction” (1).

Cette nouvelle édition est le reflet d'une situation économique difficile. En effet, 32 % des artisans du bâtiment interrogés estiment que leur activité a diminué depuis l'année dernière (contre 25 % en 2011) et 10 % prévoient une baisse du nombre de leurs salariés. Et, dans ce contexte morose, les artisans du bâtiment se montrent ainsi de plus en plus attachés à toute opportunité qui pourrait potentiellement constituer un levier pour leur développement.

Concernant les éventuels coûts d'investissements que ces mesures pourraient engendrer, les artisans du bâtiment semblent de plus en plus sereins. 69 % d'entre eux estiment même qu’elles se traduiront dans les deux prochaines années par des coûts faibles pour leur entreprise alors qu'ils étaient 60 % en 2011 et 58 % en 2010.

L’étude souligne également que les artisans du bâtiment accordent de l'importance au développement durable (60 % en 2012 et 2011). Cet attachement débouche sur des pratiques concrètes puisque sur les huit mesures testées, toutes sont appliquées par la majorité des entreprises du bâtiment, à l'exception des modes de transport “propres” :

– Le tri sélectif (90 %)
– L'amélioration des conditions de travail et le bien-être des salariés (63 %)
– Des mesures visant à économiser la consommation d'électricité (58 %)
– L'utilisation de produits de construction bénéficiant d'un label écologique (54 %)
– Des mesures visant à économiser la consommation d'eau (52 %)
– L'utilisation de fournitures de bureau issues du recyclage (52 %)
– L'utilisation de modes de transport « propres » ou en commun lors des déplacements professionnels (24 %)

L’envie est présente mais des freins persistent

Mais paradoxalement, l'accueil favorable de ce potentiel levier de développement ne se traduit pas pour autant par la création de nouveaux postes. 84 % déclarent que ces mesures n'entraîneront pas de nouvelles embauches (contre 76 % en 2011 et 73 % en 2010). De fait, les chantiers d'éco-construction ne semblent toujours pas se généraliser. Ainsi, moins d'une entreprise sur trois a vu la demande en matière d'éco-construction augmenter au cours des deux dernières années (29 %). En 2012, seules 37 % des entreprises interrogées ont déjà effectué ce type de chantier, respectueux de l'environnement lors de la construction, la restauration ou l'utilisation des bâtiments (contre 39 % en 2011 et 40 % en 2010). À noter également, une progression du nombre d'artisans qui souhaitent attendre le plus longtemps possible avant d'effectuer ce type de chantier (34 %) ou au minimum un à deux ans (26 %).

Cette année encore, la faible demande de la part des acheteurs constitue le principal obstacle au développement de l'éco-construction (59 % contre 57 % en 2011 et 2010). Les artisans citent ensuite le manque de formation et d'accompagnement (33 %), la difficulté à obtenir des aides financières suffisantes (31 %), la nécessité d'investir dans de nouveaux équipements (26 %) ou encore les effectifs insuffisants (17 %).

Enfin, l'étude démontre que près de huit entreprises sur dix ne bénéficient pas de labellisation ou de certification qualité environnementale et ne l'envisagent pas pour l'instant (79 %). Seuls 4 % des artisans y ont adhéré et 17 % l'envisagent dans les deux prochaines années.

Une "culture" du développement durable semble donc s'installer, même si la crise ne permet pas encore aux entreprises de se l'approprier totalement.

(1) Enquête téléphonique réalisée par Ipsos du 18 au 28 septembre 2012 auprès d'un échantillon national représentatif de 502 artisans du bâtiment d'entreprises de 0 à 5 salariés.

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