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Prendre le temps de s'informer...

Le catalogue de l'ESJDB comprend également une formation baptisée "Visio BTP", dont le but est d'établir une orientation stratégique pour développer l'entreprise et garantir sa pérennité. Les dirigeants déjà aux commandes de leur entreprise depuis plusieurs années peuvent ainsi bénéficier d'un complément de formation sur une courte durée, à savoir 18 jours. Elle est donc adaptée à leurs contraintes de planning car c'est souvent l'écueil : peu de dirigeants trouvent le temps de se former... et même de s'informer.

"Il faut faciliter la démarche de formation auprès des dirigeants. Il s'agit par exemple de les renseigner, de les accompagner voire de les aider à pré-remplir des documents..., énumère Catherine Saudecerre (Afortech). Au regard des textes, les patrons de TPE ont droit à des budgets, mais ils ne le savent pas. Ils peuvent se former dans beaucoup de domaines sans que cela ne leur coûte grande chose..." Par exemple, les dirigeant salariés bénéficient d'un allègement de charges grâce à la prise en charge des salaires et l'intervention d'OPCA (Organismes Paritaires Collecteurs Agrées) tels que Constructys, qui peuvent répondre aux besoins de formation.

Ces OPCA accordent une aide financière pour assurer la prise en charge des frais de formation. "Le principe de la formation professionnelle, c'est que les entreprises versent toutes une contribution, chaque année. L'Organisme Paritaire Collecteur Agréé est chargé de collecter, mutualiser et redistribuer ces obligations financières, rappelle Claire Khecha, directrice générale de Constructys. Les fonds récoltés permettent alors de financer les actions de formation au profit de ceux qui les demandent. C'est le cas pour les formations de professionnalisation, mais aussi pour les plans de développement des compétences ou pour faciliter l'utilisation du compte personnel de formation (CPF)."

De même, tous les artisans non salariés participent financièrement et de façon obligatoire au FAFCEA (Fonds d'Assurance Formation des Chefs exerçant une activité Artisanale). Cette participation se fait par l'intermédiaire de la contribution foncière des entreprises (CFE) ou, pour les entreprises non assujetties, par le bordereau "Taxe pour frais de chambre de métiers et contribution versées à d'autres organismes". C'est donc le FAFCEA qui prendra en charge leur formation.

Toutefois, le 5 septembre dernier, la Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel a été publiée au Journal officiel : une réforme de la formation professionnelle est prévue en 2019. Elle risque de modifier certains processus tels des systèmes de financement revus ou le CPF désormais monétisé et non plus comptabilisé en euros. Le sujet de la formation varie en effet régulièrement, parfois pour le bénéfice des futurs stagiaires. Ce n'est que depuis récemment que certains modules de courte durée comme le coaching ou l'appel à un consultant peuvent être pris en charge.

Cette approche pédagogique peut parfaitement s'adresser à une catégorie de personnel qui a des besoins spécifiques (passer d'un rôle d'expert technique à celui d'un manager, ou comment prendre conscience de l'importance du rôle d'accueil dans l'image de l'entreprise auprès des clients, par exemple). L'objectif est de faciliter l'accès à la formation aux dirigeants de petites entreprises. Pour connaitre les organismes agréés, des instances professionnelles comme la Capeb, la FFB (Fédération Française du Bâtiment) ou encore les Chambres des métiers et de l'artisanat pourront guider les patrons vers les bons prestataires.

Elles pourront aussi les accompagner dans le montage du dossier de financement, à condition de respecter les critères de prises en charge (organisme agréé, durée de la formation, objectif, etc.) "Le développement de l'entreprise, et l'ambition du dirigeant, passent par la formation, assure Claire Khecha. À l'heure des évolutions technologiques et des évolutions des moeurs, des comportements d'achat des clients, une entreprise qui ne se forme pas, prend de gros risques en termes de pérennité. En parallèle, il y a une crainte des patrons vis-à-vis de salariés qui, trop formés, dépasseraient leurs compétences. Il faut débloquer cette crainte en formant le dirigeant lui-même." Selon l'experte, un dirigeant formé sera alors davantage enclin à soigner les compétences de ses salariés. Une sorte de cercle vertueux, donc, qui tirera forcément l'entreprise vers le haut.

Un compte de droits CPF en euros

En janvier 2019, chaque actif du secteur privé dispose d'un CPF affiché en euros. Le taux de conversion est de 15€ par heure, fixé par décret par l'État. Durant une phase transitoire, de janvier à octobre 2019, les droits CPF sont affichés à la fois en heures et en euros afin de permettre à chacun de s'approprier le changement. A partir d'octobre 2019, les comptes seront totalement en euros.

Les comptes étaient jusqu'alors alimentés à raison de 360€ par an (24 heures multipliées par 15€) pour une activité à temps plein. A partir de 2020, au titre des droits acquis en 2019, les comptes seront alimentées de 500€ âr an pour toute activité à mi-temps ou plus.

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Céline Tridon

Julien van der Feer,<br/>rédacteur en chef Julien van der Feer,
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