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DossierTPE : tous les leviers pour financer vos projets

Publié par Julien van der Feer le

1 - La banque une alliée pour la croissance

L'argent est autant le nerf de la guerre que celui de l'entreprise. Et la peur d'en manquer peut freiner les projets de développement. Pourtant, la conjoncture globale est plutôt favorable, que ce soit du côté des banques ou des alternatives qui se développent de plus en plus.

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Impossible d'évoquer le financement des entreprises sans commencer par sa principale source : le crédit bancaire. "85 % de la dette financière des TPE et PME vient du crédit bancaire", confirme Raymond de Pastor, médiateur national délégué du crédit aux entreprises à la Banque de France. Pour le taux, il se réfère au rapport de l'observatoire du financement aux entreprises "Le financement des PME-TPE", sorti en décembre 2019. Les banques conservent donc leur place historiquement dominante.

Même si les sources de financements se sont diversifiées et développées rapidement après la crise de 2018, ce phénomène reste nouveau et n'est encore que partiellement appréhendé par les différents acteurs. "Et la conjoncture a plutôt été favorable au crédit bancaire, souligne Raymond de Pastor. Les taux d'intérêt sont bas et les taux d'acceptation des crédits accordés aux entreprises n'ont jamais été aussi élevés." Sans oublier la simplicité d'accès du système : l'entrepreneur ayant un compte professionnel a forcément aussi un interlocuteur pouvant lui parler des solutions de financement.

Selon le rapport de l'observatoire du financement aux entreprises, les éventuels rejets de demandes de crédit n'ont pas de raisons sectorielles. La taille et l'ancienneté de l'entreprise ne jouent pas non plus. En fait, les déterminants tiennent essentiellement à la situation financière des entreprises. "La solidité du projet compte, mais les variables fondamentales sont la solvabilité et la rentabilité de l'entreprise", confirme Raymond de Pastor. D'où l'importance de soigner le montage de son dossier, en y incluant les documents adaptés, et l'intérêt de se faire accompagner par des experts... et pas seulement lors des demandes de financement !

Au contraire, mieux vaut avoir une relation régulière avec le chargé de clientèle de sa banque, dialoguer avec son expert-comptable et se rapprocher des réseaux qui peuvent accompagner les dirigeants d'entreprise (chambres consulaires, chambres des métiers, etc.). Ceci afin d'être alerté si les choses ne se déroulent pas comme elles devraient, et pouvoir prévenir d'éventuelles difficultés.

"Il est toutefois un peu plus difficile pour les TPE du bâtiment, par rapport à d'autres secteurs, d'obtenir un crédit, prévient Raymond de Pastor. Les dirigeants de ces entreprises doivent être particulièrement prudents, soigner le bilan de leur entreprise, veiller à avoir des fonds propres suffisants, bien documenter leur dossier de demande de financement."

De multiples possibilités d'être aidé

Si une banque refuse un financement à un entrepreneur, celui-ci a la possibilité de saisir la médiation du crédit aux entreprises de la Banque de France, via le site mediateur-credit.banque-france.fr. Plus de 2 000 entreprises ont demandé de l'aide en 2019, ont reçu une réponse dans les 48 heures, et une solution a été trouvée dans les deux tiers des cas.

"La Banque de France propose plusieurs dispositifs gratuits et de proximité pour les dirigeants de petites entreprises, quelle que soit la phase du cycle de vie de l'entreprise, développe Raymond de Pastor. Par exemple, les correspondants TPE-PME, qui répondront directement aux questions des entrepreneurs, pourront les orienter vers le bon organisme, car l'écosystème de l'accompagnement aux entreprises est complexe." Une stratégie d'éducation financière des entrepreneurs a également été mise en place par le gouvernement, avec le portail mesquestionsdentrepreneur.fr ouvert fin 2019.

Par ailleurs, si faire jouer la concurrence entre banques peut être utile, une telle stratégie demande du temps. Faire appel à un courtier, qui connaît les financeurs possibles et saura comparer les offres, peut alors être un bon investissement. "La multibancarisation s'est accrue, et les dirigeants d'entreprise ont plutôt intérêt à en jouer, relève Raymond de Pastor. On réduit ses propres risques en multipliant les financeurs, et les banques peuvent aussi souhaiter partager le risque et cofinancer. Mais cela demande du temps et de l'attention."

Savoir aller voir ailleurs

Le maître-mot est la curiosité. Se tenir au courant des différents modes de financement est essentiel, de même que savoir lesquels sont les plus adaptés à son secteur, à la santé financière de l'entreprise, et à la nature de l'investissement. Le crédit-bail, par exemple, est particulièrement utile aux métiers nécessitant des véhicules ou autres matériels onéreux.

De plus, il s'est bien développé dans les années 2000, au point de représenter désormais 10 % de la dette des TPE/PME. Le crowdfunding est une autre possibilité, bien qu'il soit plus ou moins développé selon les secteurs. "La sélectivité des financements participatifs est élevée, précise Raymond de Pastor. Mais cela vaut le coup de tester son dossier, d'en parler. Il faut toujours voir au cas par cas ce qui est possible."

Les prêts d'honneur, eux, sont souvent utilisés pour la création de l'entreprise, et interviennent rarement au-delà des premières années. Toutefois, il est possible qu'un organisme qui ait apporté son aide au démarrage revienne soutenir l'entreprise plus tard. Là encore, personne ne perd à essayer ! Enfin, une source méconnue de financement, qui s'est bien développée ces dernières années, est l'affacturage.

Ce système permet de transmettre les factures de ses clients à un factor (ou affactureur), qui verse de suite les financements correspondants, et se charge de les recouvrir par la suite. "L'affacturage permet d'avoir immédiatement l'entrée de trésorerie et de ne pas devoir gérer les retards, explique Raymond de Pastor. Mais il faut que l'entreprise puisse générer des factures bien identifiées, correspondant à des livraisons précises, avec des dates déterminées. L'affacturage n'est pas toujours possible pour tout type de clients ou de factures. Il faut donc faire une analyse du poste clients."

En bref, la constellation du financement est assez garnie pour que chaque entrepreneur ait une chance de trouver une modalité lui convenant. "Si on doit investir, il faut vraiment essayer, plaide Raymond de Pastor. Pour faire une mise à niveau, conquérir de nouveaux clients, gagner des parts de marché... Même si cela peut être perçu comme une prise de risques."


Julien van der Feer

Julien van der Feer

Rédacteur en chef

Rédacteur en chef d’Artisans Mag’ et de Commerce Magazine, l’univers de l’artisanat et du commerce est mon quotidien depuis 3 ans. Je suis passionné par [...]...

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