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Maxime Brard (Ecolocost) : "Aujourd'hui, on ne construit plus, on fabrique"

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Maxime Brard (Ecolocost) : 'Aujourd'hui, on ne construit plus, on fabrique'

Fondateur d'Ecolocost, Maxime Brard est le premier promoteur-constructeur qui a misé sur la maison passive basse consommation. Pionnier dans l'expérimentation du label E+C-, il est prêt pour le passage à la future réglementation environnementale RE 2020.

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Pourquoi avez-vous créé Ecolocost ?

Maxime Brard : J'ai créé cette société après avoir travaillé une vingtaine d'années pour des promoteurs, y compris dans des pays étrangers où les futurs propriétaires achètent du neuf, non pas parce que c'est subventionné, mais parce que c'est de meilleure qualité. Je trouvais que ce n'était plus possible en France de continuer à construire des logements de qualité moyenne ou très basse, d'essayer de faire toujours le minimum ou le moins cher possible.

Pour quelle raison vous êtes-vous positionné sur la maison basse consommation ?

Il y avait un marché à prendre, du fait de l'évolution de la réglementation environnementale. La future RE 2020 va drainer le marché. Ma démarche a consisté à aller vers le bâtiment PassivHaus, tout en faisant du Bepos Effinergie, dans le but d'anticiper la nouvelle réglementation RE 2020. En innovant, j'allais me constituer un avantage concurrentiel sur le marché. Entre temps, j'ai anticipé la future réglementation à travers l'expérimentation E+C- à laquelle j'ai participé.

Comment y êtes-vous parvenu ?

Mon objectif était de concevoir une enveloppe qui permettrait d'atteindre ce niveau de performance et qui pourrait être industrialisée, en étant la plus respectueuse possible de l'environnement. J'ai rapidement compris que pour pouvoir faire un produit de qualité plus performant et le massifier, il fallait passer par l'ossature bois produite hors site. Cette enveloppe coche les cases de la performance énergétique et du bilan carbone. Grâce à l'industrialisation, on diminue les coûts pour la rendre accessible.

Quelles sont les autres caractéristiques de cette maison à basse consommation ?

Les murs, de 40 cm, sont 50 % plus épais que ce qu'exige la RT 2012. Les fenêtres sont en triple vitrage, équipées de pré-cadres isolants avec des volets roulants. La maison est équipée d'isolants sous dalle et d'une ventilation double-flux.

L'isolation est renforcée par les toitures végétalisées. Ces matériaux ont un coût plus élevé, tant pour l'achat que pour la pose et les frais de main d'oeuvre, ce qui entraîne un surcoût de 30 000 euros pour une maison de 80m2 et trois chambres. Au total, la maison est proposée prête à décorer à 130 000 euros hors taxes.

Comment faire en sorte que cette maison reste abordable ?

C'est simple, à budget constant, les familles vont acheter moins de mètres carrés, mais payer le mètre carré plus cher. Ils auront une maison plus petite, mais avec un confort supérieur, sur le plan de la température, de l'acoustique ou de la qualité de l'air. Ils consommeront aussi moins d'énergie.

Au total, leur budget énergie sera de 300 euros par an, dont 100 euros pour le seul abonnement à l'électricité. La production d'énergie est assurée par six panneaux solaires situés sur le toit et par un chauffage à granulés bois. Une partie de l'énergie solaire produite peut être revendue.

Quelles sont les contraintes auxquelles les familles devront s'adapter ?

Nous avons fait le choix de maisons individuelles groupées, construites les unes à côté des autres, comme les corons du Nord ou les terrace houses en Angleterre, pour éviter d'avoir des surfaces déperditives. Le fait de ne pas pouvoir faire le tour de sa maison oblige en effet à réinventer son mode de vie en maison individuelle. Nous offrons une maison passive de qualité exceptionnelle et avec des prestations haut de gamme, mais avec un choix réduit à quatre couleurs de carrelage. Dans la maison, il y a tout ce qu'il faut, où il le faut, mais pas davantage!

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Delphine Goater

Julien van der Feer,<br/>rédacteur en chef Julien van der Feer,
rédacteur en chef

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